Margaux LANNUZEL.
Selon une étude de l’Inserm, un quart des généralistes s’interrogent sur l’utilité de certains vaccins. 20 % pensent que les enfants sont vaccinés contre trop de maladies.
Selon une étude de l'Inserm, un quart des généralistes s'interrogent sur l'utilité de certains vaccins. Plus de la moitié d'entre eux sont « mal à l'aise » pour évoquer le sujet des adjuvants.
16 % des généralistes « modérément confiants »
« C’est un phénomène sociétal », déplore Luc Duquenel, président de l’Unof-CSMF, principal syndicat des généralistes.
« Il y a de plus en plus de réticences vis-à-vis de la vaccination, c’est normal que cela finisse par toucher les médecins. »
En mars, une enquête du ministère de la Santé révélait que 16 % des généralistes étaient « modérément confiants » dans la vaccination.
Une étude de l'Inserm publiée dans la revue EBioMedecine vient de confirmer cette tendance : 26 % des médecins de famille estiment que certains vaccins recommandés par les pouvoirs publics sont inutiles et 20 % pensent que les enfants sont vaccinés contre trop de maladies.
Un manque d'information
En cause : les adjuvants, notamment l'aluminium, contenus dans certains vaccins.
D'après l'étude de l'Inserm, seulement 43 % des généralistes se sentent « à l'aise » pour évoquer ce sujet controversé avec leurs patients.
« Ils se souviennent par exemple que des dizaines de vaccins ont récemment été retirées du marché français à cause de doutes sur leurs conditions de fabrication en Asie »
, explique Luc Duquenel.
, explique Luc Duquenel.
Fin juin, le Conseil national de l'Ordre a lancé une procédure disciplinaire contre le cancérologue Henri Joyeux, pour ses propos « dangereux » sur la vaccination.
La pétition du médecin avait recueilli 700 000 signatures contre l'Infanrix hexa, un vaccin combiné qui contient de l'aluminium et du formaldéhyde.
Des médecins livrés à eux-mêmes
Le Pr Joyeux estimait que ces adjuvants causaient parfois des troubles neurologiques ou musculaires.
Le ministère de la Santé et des infectiologues ont opposé l'absence de donnée prouvant leur toxicité.
« Le problème, c'est surtout le manque d'informations délivré par le ministère, diagnostique Luc Duquenel. Il laisse libre cours aux rumeurs sur les réseaux sociaux, parfois lancées par des professionnels de la santé eux-mêmes. »
Les médecins sont alors « livrés à eux-mêmes » pour répondre aux patients inquiets, estime le président de l'Unof-CSMF.
Il se souvient de la suspension de politique de vaccination contre l'hépatite B par le ministère de la Santé en 1998 : « Les médecins s'étaient déjà retrouvés en première ligne, à devoir se justifier. »
D'après l'étude de l'Inserm, 10 % des généralistes ne recommandent « jamais » le vaccin contre cette maladie à leurs patients.
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