samedi 25 juillet 2015

Monsieur Le Roux, la chicorée, ce n’est pas du café

                                                    

Le 25/07/2015
Le scandaleux embargo total sur la Crimée est sans doute le nœud du problème. De lui dépendra le futur de nos relations avec la Russie et aussi le futur de nos paysans. Alors, nous ne pouvons que louer cette démarche d’élus français en direction de la Russie.

Ce cher homme s’est indigné de la visite en Crimée d’un groupe de députés au micro de France Info. Avec un sens de la formule médiatique, il a parlé de soumission et de honte.
Moi aussi, je suis honteux.
 J’ai honte devant l’incurie des dirigeants dont il fait partie, devant sa soumission et celle de ses congénères à Washington via Bruxelles.
Cette visite en Crimée intervient sur fond de crise de l’agroalimentaire français.
Bien que cette crise soit structurelle du fait de réglementations européennes, l’embargo décrété par la Russie révèle 20 ans de politique libérale européenne.
Et il serait vain d’espérer un retournement de la situation.
 Le président russe, suite à la prolongation de 6 mois des sanctions, a étendu l’embargo pour 1 an.
 Les marchés russes perdus sont… perdus.
 J’aimerais vous voir, Monsieur Le Roux, faire ce que nos paysans ont fait pour conquérir ces marchés.
 Ils ont fait la promotion de leurs produits, de nos produits, des produits de la France comme les ouvriers de STX ont mis leur cœur et leur savoir-faire pour les Mistral.

La Russie a lancé un grand plan pour son agriculture et il est inconcevable qu’après avoir autant investi, elle ouvre à nouveau facilement son marché aux exportations françaises.
Le président russe a mis sa filière agroalimentaire devant ses responsabilités, à savoir assurer un volume de production suffisant pour le pays avec un niveau de qualité élevé.
Plutôt que d’essayer de profiter des ouvertures que la Russie peut nous donner sur l’Eurasie, monsieur Le Roux et ses amis vont nous prôner le grand marché américain, sans nous préciser que cela sera le coup de grâce pour notre complexe agroalimentaire.

Les Italiens se sont rendu compte que les Américains n’avaient aucun goût pour la qualité, le savoir-faire, mais seulement pour le luxe ostentatoire.
Espérer vendre des produits de qualité à des gens qui se nourrissent avant de manger relève de l’utopie.
Le temps où l’on considérait la Russie comme un simple marché capable d’absorber nos excédents de production est révolu.
Désormais, il faut considérer la Russie comme un partenaire et non comme un client captif.

Conscients de cette nouvelle donne, nos députés en Crimée tentent d’ouvrir les portes du dialogue, de repenser les relations de coopération, de partenariat.

Le scandaleux embargo total sur la Crimée est sans doute le nœud du problème.
De lui dépendra le futur de nos relations avec la Russie et aussi le futur de nos paysans.

Alors, nous ne pouvons que louer cette démarche d’élus français en direction de la Russie.

Pour vous, Monsieur Le Roux, un séjour à Disneyland, une bise à Mickey et un bon hamburger (avec OGM) au poulet (chloré) sera parfait.

N’oubliez pas d’envoyer un selfie aux éleveurs, vous savez, ces gens qui crèvent de faim alors qu’ils veulent simplement vous nourrir et vivre de leur travail.

 Cette notion de travail tant évoquée par le socialisme, vous en avez perdu l’essence : la dignité.

Vous aurez le temps, à votre retour, de leur expliquer que la chicorée, c’est presque du café, qu’une bonne aide est la même chose que de vivre de son travail.

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