mardi 28 juillet 2015

Crise grecque : Chirac et Jospin ont des comptes à rendre

                                                    

Le 28/07/2015
Un obscur fonctionnaire européen aujourd’hui repenti déclarait, ces jours-ci : "On a voulu faire l’euro pour tous, […], l’adhésion de la Grèce à l'euro fut une manifestation du “politiquement correct” général manifesté par l’Union envers ce pays depuis son adhésion en 1981."

Personne ne le conteste aujourd’hui : la Grèce n’aurait jamais dû adopter l’euro.
Ce à quoi je rajouterai : si elle avait conservé sa propre monnaie, il n’y aurait pas, aujourd’hui, plus de crise grecque que de plomb dans la cervelle de ces « eurolâtres » qui nous gouvernent depuis trente ans, et singulièrement les Français.
Pourquoi cette comparaison?

Quand la Commission européenne annonce, en mars 1998, le nom des onze pays admis dans l’euro, la Grèce en est absente, sans surprise.
Or, un peu plus de deux ans après, tout a basculé.
 Le 18 juin 2000, à Santa Maria da Feira (Portugal), les ministres des Finances de la zone euro planchent à nouveau sur le dossier grec.
 Le Premier ministre socialiste hellène Kóstas Simítis, surnommé le « Rocard grec », présente un bilan qui laisse ses interlocuteurs pantois : le déficit public a été ramené à 2,5 % du PIB en 1998 après avoir atteint 13,8 % en 1993.
 La dette publique qui avait culminé à 112,3 % du PIB en 1996 a été réduite de six points et devrait tomber au-dessous de 100 % du PIB en 2001.

Bref, la Grèce vient de grimper l’Alpe d’Huez à la vitesse d’un TGV.


Certes, nous sommes encore au-dessus des critères de Maastricht (60 %), mais l’Italie et la Belgique présentaient une dette encore plus élevée (120 % environ) au moment d’entrer dans la zone euro.
 En coulisses, certains parlent de comptes bidonnés (dopage) mais il faut faire avec et puis, de toute façon, il n’y a pas le choix car, au niveau politique, la décision est déjà prise.

 En pointe Jacques Chirac, qui avait insisté dès décembre 1996 pour écrire le mot « euro » en grec sur les futurs billets et qui doit compter avec son très pro-grec Premier ministre Lionel Jospin.
 Les dés sont donc jetés et le ver est dans le fruit car les chiffres grecs étaient faux.

Entre 1997 et 1999, le déficit n’était pas passé de 4 % à 1,8 %, mais de 6,6 % à 3,4 %.
La faute à une comptabilisation inventive des commandes d’armement et à des excédents surestimés des caisses d’assurance sociale.

Et cela avant même que le pays ne décide, en 2001, d’utiliser les techniques de Goldman Sachs pour limiter le montant de sa dette.

Peut-on, alors, parler de menteurs grecs et d’Européens dupés ?
 C’est à voir, car en ce printemps 2000, la fracture entre une France si pro-grecque que ses banques s’empiffrent de créances sur Athènes (Jeux olympiques de 2004) et une Allemagne persuadée que tout cela finira mal est béante.

 Dès 1995, Helmut Kohl et son ministre des Finances Theo Waigel n’en pouvaient plus des refrains pro-hellènes du duo Chirac-Jospin, et si les Allemands ont fini par lâcher prise, ce n’est que du bout des lèvres et à la faveur de l’arrivée des socialistes au Bundestag en 1998.

 Eurostat, l’organisme statistique européen, avait beau questionner la Grèce sur ses méthodes, rien n’y fît.
 Lors du vote au Parlement de Strasbourg, seulement 40 voix votèrent contre : une poignée d’eurodéputés français venus de l’extrême gauche, des souverainistes et de l’extrême droite rejoignant bon nombre de députés de la CDU-CSU, le principal parti de droite allemand.

Un obscur fonctionnaire européen aujourd’hui repenti déclarait, ces jours-ci : « On a voulu faire l’euro pour tous, […], l’adhésion de la Grèce à l’euro fut une manifestation du “politiquement correct” général manifesté par l’Union envers ce pays depuis son adhésion en 1981. »

 Un euro pour tous, ça me rappelle furieusement cette idée typiquement française d’un bac pour tous, pas vous ?

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