vendredi 24 juillet 2015

Châteaulin. Un hôte « encombrant »

24 juillet 2015 / Jean-Luc Padellec/


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Gaëlle Nicolas, maire, affirme avoir été mise « devant le fait accompli » de la venue de Merouane Benahmed à Châteaulin.

 Son arrivée, lundi, à Châteaulin, a détonné dans le paysage.
 Condamné à dix ans de prison pour terrorisme, ce militant islamiste d'origine algérienne a fini de purger sa peine en 2011.
 Mais reste sous la protection de l'État français car condamné à mort dans son pays.
Depuis son arrivée, lundi, il s'est fait le plus discret possible mais son escorte n'est pas passée inaperçue.
 « On l'a débarqué à l'hôtel avec des membres des forces de l'ordre portant des gilets pare-balles et une vingtaine de valises à décharger. Forcément, ça interroge », témoigne cette habitante, qui ne cache pas une certaine appréhension.
Et elle n'est pas la seule.
 En pleine ville, dans l'appartement où il a finalement été installé (l'hôtel était complet), beaucoup s'interrogent sur cette présence énigmatique, qui a encore reçu la visite des gendarmes mercredi, et dont les allées et venues en VTT semblent réglées comme du papier à musique.
Et pour cause : l'homme doit pointer quatre fois par jour, à heures fixes, dans les bureaux de la gendarmerie.
Avec interdiction absolue de franchir les limites du territoire de la commune.
Il encourt sinon trois ans de prison.
 Il en est ainsi de la dizaine de militants islamistes actuellement assignés à résidence dans de petites communes françaises, de préférence loin des frontières et des réseaux de l'islamisme radical.

 Dix ans de prison pour terrorisme.

 L'« hôte » châteaulinois s'appelle Merouane Benahmed.
 La quarantaine passée, ce militant islamiste d'origine algérienne a été condamné, en juin 2006, à dix ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, celle des filières tchétchènes, qui voulaient frapper la France entre 2001 et 2002. 
 À la clef, l'interdiction définitive de vivre en France.
 Mais à sa sortie de prison en 2011, il a échappé à l'expulsion vers l'Algérie grâce à l'intervention de la Cour européenne des droits de l'Homme.
 Motif : la justice de son pays l'a condamné à mort par contumace.
 Depuis, il est donc placé sous la protection de l'État français, avec l'espoir de trouver un jour, un pays d'asile.
Nous sommes allés à sa rencontre mais l'homme ne veut pas parler aux médias.
« J'aspire à vivre normalement. J'ai purgé ma peine », lâche-t-il, en clôturant la conversation.

« Le fait accompli »

Mais pourquoi Châteaulin ?
C'est la question que la maire Gaëlle Nicolas s'est empressée de poser à la sous-préfète lorsque cette dernière l'a prévenue de cette arrivée, en fin de semaine dernière.
« On me répond : " Parce qu'il n'y a pas de mosquée ".
Comme si Châteaulin était la seule commune dans ce cas ! ».

Si l'élue ne remet pas en cause la nécessité d'appliquer les accords signés par la France s'agissant d'une personne condamnée à mort, elle se dit très irritée par la forme : « J'ai clairement été mise devant le fait accompli ».
 De son côté, le directeur de cabinet du préfet, Jean-Daniel Montet-Jourdran, assure que l'ancien condamné « ne pose pas de problème de sécurité dans l'immédiat. En outre, il est surveillé en permanence par une cellule spécialisée de la Sécurité intérieure ».

 Quant à la durée de sa présence dans la ville, elle ne devrait pas excéder « quelques mois ».

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