Le 12/07/2015
Dominique Reynié n’est plus un homme de médias comme les autres, il est désormais un homme politique en campagne.
Il s’est fait connaître des téléspectateurs de France 5 par ses participations fréquentes à l’émission « C dans l’air », et des auditeurs de France Culture grâce à son émission « Le Monde selon Dominique Reynié ».
En 2008, le nouvel adhérent des « Républicains » prenait la direction de la Fondapol et donnait une orientation libérale, globaliste, immigrationniste et « libertaire » en matière de mœurs, aux travaux du think tank. Fondapol est en quelque sorte le Terra Nova de la pseudo-droite, que rien ne différencie, sur le fond, de son jumeau sociétaliste.
Voilà pour le portrait peu flatteur du lobbyiste Dominique Reynié.
Rien ne poserait problème dans cette description si l’homme n’avait pas entre-temps été désigné comme tête de liste des « Républicains » pour les prochaines élections régionales en Languedoc-Pyrénées, sans mettre un terme à ses activités d’analyste politique à la petite semaine sur les plateaux de France 5.
Vendredi 11 juillet, le candidat à la présidence de la nouvelle région Languedoc-Pyrénées indiquait à l’attention de ses abonnés sur le réseau social Twitter : « En route pour C dans l’air, où je vais parler de la crise grecque mais surtout de la crise de la dette et du krach territorial qui menace ici. ».
À quel titre Dominique Reynié intervenait-il ?
En sa qualité de candidat en campagne ou en sa qualité de « politologue » ?
L’homme n’est pas neutre sur les questions relatives à l’Union européenne.
Rappelons que dans un article intitulé « L’empire européen universel contre le souverainisme américain », paru dans la revue Controverses en mai 2009, il déclarait que « la souveraineté nationale ne devrait plus être en droit d’interférer avec la construction européenne ».
Dominique Reynié n’est plus un homme de médias comme les autres, il est désormais un homme politique en campagne.
Comme les autres, me direz-vous.
À la nuance près que Dominique Reynié est très officiellement en campagne électorale.
Il n’a, d’ailleurs, jamais fait mystère de sa farouche hostilité aux idées véhiculées par le Front national, tant sur la notion de souveraineté nationale que sur la question migratoire.
Comme le rapporte le site de l’Observatoire des journalistes et de l’information médiatique, il n’hésitait par ailleurs pas, non plus, dans une tribune appelée « Immigration ou retraites ? », rédigée pour le site populisme.eu, et publiée en 2011, à affirmer, du haut de ses certitudes d’idéologue patenté du mondialisme le plus forcené, que « parce que l’immigration favorise l’entrée de jeunes actifs dans des pays âgés, elle constitue une solution irrésistible pour assurer la viabilité des politiques sociales en général et du régime des retraites en particulier ».
Ce ne sont pas des propos politiquement anodins.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel fixe les règles veillant au « respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les services de télévision, en particulier dans les émissions d’information politique et générale ».
Pour faire simple, le CSA doit garantir un volume de temps de parole politique correspondant aux équilibres démocratiques nationaux.
Dominique Reynié ne doit plus être invité en tant que chroniqueur mais en tant que candidat aux élections régionales pour les « Républicains ».
Il n’est pas neutre sur la question grecque, et représente clairement les intérêts de sa formation politique.
Par conséquent, son temps de parole dans les médias doit être décompté de la même façon que pour les autres candidats et responsables politiques.
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