Le 09/07/2015
L’Allemagne acceptera-t-elle d’assumer la responsabilité du "Grexit" et d’une hypothétique implosion de l’eurozone ?
Dès le début de la crise grecque, François Hollande a tenté d’endosser un rôle de médiateur, face à l’intransigeance d’Angela Merkel, espérant sans doute colmater une popularité fissurée de toutes parts.
Affable, magnanime, exhortant Aléxis Tsípras à renoncer à son référendum et à renouer le « dialogue », notre bon Président a égrené les formules consensuelles pour exprimer son désir ardent de voir la Grèce rester dans l’eurozone – mais sans jamais nous expliquer précisément pourquoi.
Manque de chance, le chef du gouvernement hellénique ne s’est pas laissé amadouer, peut-être refroidi par les confidences de Matteo Renzi, qui lui aurait affirmé un jour : « François Hollande dira qu’il te soutient, mais il ne fera rien. »
À l’issue du référendum du 5 juillet, où 61,3 % des Grecs ont rejeté la politique d’austérité imposée par l’Union européenne, le chef de l’État ne s’est guère montré loquace, se limitant, avec son indéfectible esprit de synthèse, à vouloir concilier « solidarité » et « responsabilité », après des heures de conciliabule avec Angela Merkel. « Je pense simplement que monsieur Hollande vient demander à madame Merkel ce qu’il doit dire, parce qu’il est incapable de le formuler lui-même. Il vient prendre les ordres », lâche l’analyste financier Olivier Delamarche, qui estime inévitable – et souhaitable – le retour de la drachme.
Les Français portent un regard tout aussi sévère : d’après une enquête IFOP pour le Figaro, RTL et LCI, seuls 24 % font confiance à François Hollande contre 44 % à Angela Merkel (!) pour trouver une solution au problème grec.
Comment, en effet, croire dans l’(in)action de celui qui se voulait le « président du redressement », « exemplaire », et qui n’a tenu aucun de ses engagements sur le chômage, la relance, la renégociation du traité européen ?
De son côté, la chancelière allemande a affiché une détermination sans failles, exigeant de la Grèce des « propositions concrètes ».
Il faut dire qu’outre-Rhin, les circonvolutions de SYRIZA exaspèrent aussi bien l’opinion que les dirigeants.
Selon le baromètre « Griechometer » du magazine Bild, 88 % de la population sont favorables à une sortie de la Grèce de l’eurozone, et 93 % refusent de lui accorder toute aide supplémentaire.
Le ministre de l’Économie allemand, Sigmar Gabriel, n’a pas mâché ses mots : « Tsípras a coupé les derniers ponts entre la Grèce et l’Europe », a-t-il assené, jugeant « difficilement imaginables » de nouvelles négociations.
L’inflexible ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qui exclut une restructuration de la dette grecque, ne serait pas opposé à un « Grexit ».
Tout comme l’ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer : « Nous avons atteint le point de non-retour. »
L’Allemagne acceptera-t-elle d’assumer la responsabilité du « Grexit » et d’une hypothétique implosion de l’eurozone ?
Angela Merkel, qui avait promis aux Allemands que la Grèce ne leur coûterait pas un euro, se retrouve au pied du mur.
Athènes ne pourra jamais rembourser sa dette colossale de 320 milliards d’euros et va lui laisser une ardoise de 56,5 milliards.
Mais si elle cède aux demandes de Tsípras, qui vient de solliciter un nouveau prêt sur trois ans en échange de réformes imprécises, ce sera reculer pour mieux sauter.
Réponse dimanche prochain.
Dans un cas comme dans l’autre, quelle sera la réaction de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne, eux aussi soumis à une cure drastique d’austérité ?
À en croire Pablo Iglesias, de Podemos, bien parti pour cartonner aux législatives, 2015 sera en tout cas « l’année du changement ».
Affable, magnanime, exhortant Aléxis Tsípras à renoncer à son référendum et à renouer le « dialogue », notre bon Président a égrené les formules consensuelles pour exprimer son désir ardent de voir la Grèce rester dans l’eurozone – mais sans jamais nous expliquer précisément pourquoi.
Manque de chance, le chef du gouvernement hellénique ne s’est pas laissé amadouer, peut-être refroidi par les confidences de Matteo Renzi, qui lui aurait affirmé un jour : « François Hollande dira qu’il te soutient, mais il ne fera rien. »
À l’issue du référendum du 5 juillet, où 61,3 % des Grecs ont rejeté la politique d’austérité imposée par l’Union européenne, le chef de l’État ne s’est guère montré loquace, se limitant, avec son indéfectible esprit de synthèse, à vouloir concilier « solidarité » et « responsabilité », après des heures de conciliabule avec Angela Merkel. « Je pense simplement que monsieur Hollande vient demander à madame Merkel ce qu’il doit dire, parce qu’il est incapable de le formuler lui-même. Il vient prendre les ordres », lâche l’analyste financier Olivier Delamarche, qui estime inévitable – et souhaitable – le retour de la drachme.
Les Français portent un regard tout aussi sévère : d’après une enquête IFOP pour le Figaro, RTL et LCI, seuls 24 % font confiance à François Hollande contre 44 % à Angela Merkel (!) pour trouver une solution au problème grec.
Comment, en effet, croire dans l’(in)action de celui qui se voulait le « président du redressement », « exemplaire », et qui n’a tenu aucun de ses engagements sur le chômage, la relance, la renégociation du traité européen ?
De son côté, la chancelière allemande a affiché une détermination sans failles, exigeant de la Grèce des « propositions concrètes ».
Il faut dire qu’outre-Rhin, les circonvolutions de SYRIZA exaspèrent aussi bien l’opinion que les dirigeants.
Selon le baromètre « Griechometer » du magazine Bild, 88 % de la population sont favorables à une sortie de la Grèce de l’eurozone, et 93 % refusent de lui accorder toute aide supplémentaire.
Le ministre de l’Économie allemand, Sigmar Gabriel, n’a pas mâché ses mots : « Tsípras a coupé les derniers ponts entre la Grèce et l’Europe », a-t-il assené, jugeant « difficilement imaginables » de nouvelles négociations.
L’inflexible ministre des Finances Wolfgang Schäuble, qui exclut une restructuration de la dette grecque, ne serait pas opposé à un « Grexit ».
Tout comme l’ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer : « Nous avons atteint le point de non-retour. »
L’Allemagne acceptera-t-elle d’assumer la responsabilité du « Grexit » et d’une hypothétique implosion de l’eurozone ?
Angela Merkel, qui avait promis aux Allemands que la Grèce ne leur coûterait pas un euro, se retrouve au pied du mur.
Athènes ne pourra jamais rembourser sa dette colossale de 320 milliards d’euros et va lui laisser une ardoise de 56,5 milliards.
Mais si elle cède aux demandes de Tsípras, qui vient de solliciter un nouveau prêt sur trois ans en échange de réformes imprécises, ce sera reculer pour mieux sauter.
Réponse dimanche prochain.
Dans un cas comme dans l’autre, quelle sera la réaction de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne, eux aussi soumis à une cure drastique d’austérité ?
À en croire Pablo Iglesias, de Podemos, bien parti pour cartonner aux législatives, 2015 sera en tout cas « l’année du changement ».
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