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jeudi 9 juillet 2015

Des surdoués à la pelle

                                                    


Le 09/07/2015

Pas de doute, les lycéens nouveaux ont des cerveaux surdimensionnés.

20,29 sur 20 au bac pour une élève, des mentions « très bien » multipliées par 13 depuis vingt-cinq ans…
 Pas de doute, les lycéens nouveaux ont des cerveaux surdimensionnés.
 Alors que de nombreux professeurs déplorent l’arrivée, en sixième, d’élèves sachant à peine lire et écrire, voilà que, quelques années plus tard, nous retrouvons ces presque analphabètes bardés de mentions de ceci et de cela.
 C’est miraculeux.
Que se passe-t-il entre-temps ?
On les drogue ?
Des neurones sont greffés ?
Des marabouts interviennent ?
La science s’interroge.
Le clergé aussi.
 Ajoutons à ces résultats spectaculaires quatre ou cinq années de faculté et le trop-plein d’« Einstein » sera atteint.
 Des lauréates du « Goncourt » aux caisses des supermarchés, voilà l’avenir.
Le ramassage des ordures ménagères par des docteurs en mathématiques appliquées…
Que de réflexions avant la saisie du container.
Deux jours pour une collecte qui ne prenait que quelques heures auparavant.
 La société condamnée à vivre au ralenti.
 Trop de penseurs, trop de théoriciens…
Plus un seul plombier à l’horizon, disparition des maçons et des charpentiers.
 Plus personne pour construire des écoles.
 L’échec absolu du « tout diplôme ».
 La menace des grandes écoles plane sur le monde.
 L’heureux homme de demain, le nec plus ultra, le recherché de toute urgence sera tourneur-fraiseur.
Fêté, surpayé, adulé, le plombier survivant fera son entrée dans la salle de bains sous les flashs des photographes.
 À la une de Voici, en couverture de Paris Match, le mécanicien auto posera en salopette, clé de douze à la main.
 Plus de micros.
 Des outils !


Mais revenons à ce bête présent et jetons un œil distrait sur lefigaro.fr qui, plus rabat-joie que jamais, nous précise que cette inflation de génies précoces serait due à la multiplication des options assorties d’un coefficient particulièrement favorable.


 Allons, bon.
 Puis il continue à nous saper le moral en ajoutant : les points obtenus grâce au latin et au grec comptent désormais triple (plus pour longtemps).
 Les travaux personnels encadrés introduits en 2002 au bac, affectés d’excellentes notes, poussent les résultats vers le haut.
 Des travaux personnels tels que « Je tripatouille mon iPhone » seraient-ils pris en compte ?


   Toujours selon lefigaro.fr, une mention « bien » décrochée il y a vingt-cinq ans est aujourd’hui « très bien ».


Déplacement de vocabulaire.


En clair, un débile léger de 1990 peut aujourd’hui prétendre à un poste de ministre du gouvernement Hollande.


 Déplacement d’intitulé.
 Bêta un jour, surdoué le lendemain.
Citoyen japonais le jeudi, français le vendredi.
Nous vivons sous l’ère de la toute-puissance de l’étiquette.
Table deviendra chaise sur simple décision ministérielle.


 À ce rythme de dévalorisation à tout va, d’ici vingt-cinq ans, les bourriques indécrottables auront toutes le bac.


 Ne pas l’avoir constituera donc un véritable atout.
Une valeur reconnue.
 Le simple fait de se présenter à l’épreuve sera perçu comme un signe de faiblesse… un aveu d’insuffisance intellectuelle.


 Quant aux mentions…


Les candidats reçus seront retrouvés en pleurs devant les panneaux d’affichage.


Honteux, penauds, ils rentreront chez eux et se destineront à un métier dont ils n’auront jamais la compétence…


 Et rien n’aura changé.

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