mardi 27 octobre 2015

Le moment est venu de lire Philippe de Villiers


27 octobre 2015


Philippe de Villiers


« J’ai été un homme politique. Je ne le suis plus. Ma parole est libre. Je suis entré en politique par effraction. Et j’en suis sorti avec le dégoût. » Philippe de Villiers
 
Sa parole est libre  en effet !

Le dernier livre de Philippe de Villiers aborde des sujets qui ont été et sont encore fondamentaux, cruciaux même pour notre pays ; l’auteur dénonce en outre quels choix de société calamiteux ont été adoptés contre toute logique.
L’ouvrage ne marque aucune complaisance, c’est dur quelques fois mais il est heureusement développé de telle sorte que certains chapitres constituent une espèce de respiration, une récréation.
Ainsi cette galerie de portraits de politiques, plus ou moins acidulés, amusants, bien observés.
Tout ceux qui ont compté ces quarante dernières années y passent : Chirac, Mitterrand, Pasqua, Cohn-Bendit, Séguin, Hollande père et fils, Pompidou, l’Europe et ses Princes intouchables, Soljenitsyne, Poutine, Tarik Ramadan, l’Histoire de France, notre lâcheté face aux USA, etc.
Giscard d’Estaing est croqué sans complaisance, on devine l’extrême déception de l’auteur.
 Les récits des rencontres du jeune sous-préfet de Vendôme avec le couple présidentiel sont savoureux de même que l’épisode de la capitulation en rase campagne et sans conditions de François Léotard, Ministre de la culture, au sujet du déplacement des colonnes de Buren.
On sent chez l’ancien homme politique une certaine tristesse, voire de la révolte, celle de l’amoureux déçu devant l’état de son pays.







L’énumération est sévère des reniements successifs de la Droite et de ce qu’elle aurait dû devenir, installée au pouvoir pour de nombreuses années.
Valent également le détour les récits que l’auteur fait de ses rencontres successives avec « l’establishment » médiatico-politique, sans pitié pour le « vicomte », lors de ses passages dans les médias.
 Lequel vicomte se bat comme un diable et rive bien des clous.
Philippe de Villiers a vraiment été l’homme politique de Droite à abattre par tous les moyens.
L’auteur narre aussi avec émotion les moments qu’il passait avec la Maréchale de Lattre, évoquant la figure du glorieux chef.
Il relate également ses échanges avec Hélie de Saint Marc, grand soldat, obligé avec ses frères d’armes d’assumer Outre-Mer les reniements successifs de la France.
Mais qui se souvient encore du Maréchal de Lattre de Tassigny et de Hélie Denoix de Saint Marc ?

Enfin, l’auteur rapporte sa rencontre fondamentale avec Soljenitsyne qu’il vénère.
 Soljenitsyne à qui la France en 1974 refusa l’asile politique alors qu’en 1978 cette même France accueillait Khomeini, lequel de Nauphles-le-Château pouvait en toute quiétude lancer ses fatwas contre notre allié de l’époque le Shah d’Iran.

À la mort de l’écrivain russe en 2008, Philippe de Villiers sera le seul homme politique français à assister aux funérailles de l’auteur de l’Archipel du Goulag, l’ambassadeur de France à Moscou ne jugeant pas utile d’interrompre ses vacances au bord de la Mer Noire…

Le livre M. de Villiers est un miroir.
 Certains lecteurs seront incrédules ou effarés, mais hélas ce miroir reflète exactement ce qu’ont été les quatre dernières décennies en France.

Cet ouvrage nous démontre aussi qu’un homme politique de terrain comme lui, seul mais sincère, peut toujours espérer un soutien populaire, contre les médias et la classe politique bien pensante.
Souvenons nous que Philippe de Villiers au moment où tout était perdu pour la Droite en 1981 mettait en place l’une des premières radios libres : Alouette FM, tout en imaginant la création et la scénographie du parc de loisirs du Puy du Fou que le monde entier connaît désormais.

Le style et la langue française de Philippe de Villiers sont remarquables.
Il nous propose de feuilleter avec lui ses agendas, il fait défiler sous nos yeux plus de 40 ans de ses activités au service de la France et de sa Région tout en demeurant discret sur sa vie privée quelques fois bien cabossée.

« Le désastre ne peut plus être maquillé. Partout monte, chez les Français, le sentiment de dépossession. Nous sommes entrés dans le temps où l’imposture n’a plus ni ressource ni réserve. La classe politique va connaître le chaos. Il n’y a plus ni précaution à prendre ni personne à ménager. Il faut que les Français sachent. En conscience, j’ai jugé que le moment était venu de dire ce que j’ai vu. »

 Philippe de Villiers

À lire absolument.
 
Jacques de Sulauze

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