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jeudi 9 juillet 2015

Bouches d’incendie ouvertes par «jeu» : 30 millions de litres d’eau potable gaspillés dans la métropole lilloise (VIDÉO)

Publié le - Mis à jour le 09/07/2015 à 12:02
PAR BENJAMIN DUTHOIT

En tout, ce sont trente millions de litres d’eau potable qui sont partis dans le caniveau.  Photo « la voix »

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C’est l’heure du bilan, après l’inédit « jeu » de l’été apparu en fin de semaine dernière dans la métropole lilloise : l’ouverture sauvage d’une centaine de bouches d’incendie. Selon les Eaux du Nord, le gaspillage s’élève à 30 000 m3 d’eau, soit la consommation quotidienne d’une ville de 200 000 habitants.

1. Un phénomène nouveau

En fin de semaine dernière, la canicule a abouti à une mode inédite : l’ouverture sauvage de bouches (ou poteaux) d’incendie afin de se rafraîchir et de s’amuser avec ces fontaines.
Tout a débuté en Seine-Saint-Denis.
Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle de propagation ?
En tout cas, la métropole lilloise a vite été atteinte.



De jeudi à lundi, les Eaux du Nord y sont intervenus à 120 reprises, sous protection policière, afin de fermer des bouches d’incendie.
Avec un pic vendredi et samedi.
« On a mobilisé 10 à 15 personnes, chaque soir », souligne la société.
Le phénomène a surtout touché Lille, Roubaix et Tourcoing. Des cas ont été signalés ailleurs dans l’agglomération lilloise (Ronchin, Lomme, Neuville-en-Ferrain…) et, d’après les pompiers, dans le Valenciennois.


2. Un énorme gaspillage

Photo Edouard BRIDE - LA VOIX DU NORD

En tout, les Eaux du Nord estiment à 30 000 m3 le gâchis d’eau.
 « Ça correspond à la consommation journalière d’une ville de 200 000 habitants. »
 Soit environ la taille de Lille (228 000 habitants).
Cette perte a-t-elle un coût ?
 « On étudie la question, c’est exceptionnel. »

3. Des baisses de pression

Les bouches d’incendies, utilisées par les pompiers, sont reliées au réseau d’eau potable.
 Mais pour les particuliers, les effets ont été « minimes », selon les Eaux du Nord.
 « Il y a eu des baisses de pression ponctuelles et marginales dans les secteurs où les bornes étaient ouvertes. Quelques coupures ont pu se produire en haut d’immeubles, sans durer longtemps. »

4. Des risques pour les interventions de pompiers

Dans la métropole lilloise, le 18 a été saturé d’appels signalant des geysers.
 De quoi créer une file d’attente préjudiciable pour les véritables urgences.
 « On a eu plus de 1 000 appels vendredi, dénombrent les pompiers.
On a tout renvoyé vers les Eaux du Nord. »
Autre conséquence, la société a dû couper l’alimentation en eau de « quelques » bouches qui étaient sans cesse rouvertes.
 En cas d’incendie, les pompiers doivent appeler un technicien du fournisseur afin d’ouvrir ces bornes.
 « C’est une perte de temps. »
Bref, ces agissements « fragilisent » les moyens des secours.
Reste à voir s’ils se reproduiront lors de prochaines grosses chaleurs.

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