mardi 29 octobre 2013

Ecomouv', cette société italienne qui va gérer l'écotaxe.

 Par Mathilde Golla
Mis à jour le 29/10/2013 à 13:07
Publié le 29/10/2013 à 12:46

L'un des 180 portiques installés par Ecomouv' chargé de repérer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur les 15.000 kilomètres de routes écotaxés.

L'un des 180 portiques installés par Ecomouv' chargé de repérer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur les 15.000 kilomètres de routes écotaxés.

Le groupe contrôlé à hauteur de 70% par Autostrade per l'Italia puis par Thales, SNCF, SFR, et Steria a été désigné par l'État pour installer l'ensemble de ce dispositif, dans le cadre d'un partenariat public-privé.
 
Le gouvernement affirme qu'il ne peut pas abandonner l'écotaxe sans que cela ne lui coûte cher.
 L'État avait en effet signé en 2011 un contrat avec Ecomouv' afin que cette société conçoive, installe et gère la taxe poids lourds sur tout le territoire.
La société privée a été créée de toute pièce pour répondre aux demandes de l'État, dans le cadre d'un partenariat public-privé. Le groupe est contrôlé majoritairement, à hauteur de 70%, par l'italien Autostrade per l'Italia.

 Le reste du capital est détenu par des groupes Français: Thales dispose de 11% du capital, SNCF en possède 10%, SFR 6% et Stéria a 3% du capital d'Ecomouv'.

200 personnes engagées à Metz

Le groupe a d'ores et déjà ouvert un centre d'appel chargé de répondre aux questions des transporteurs.
 Près de 200 personnes sont embauchées sur ce site installé sur une ancienne base aérienne à Metz.
Le siège social du groupe est lui basé à Paris.
 Daniele Meini, qui travaillait pour Autostrade per l'Italia est président du groupe Econmouv' assisté de Sergio Battiboia, responsable de la conception et de la construction du système Ecomouv'.
 Michel Cornil qui a occupé plusieurs postes à la tête de la SNCF est lui vice-président du groupe.

Par ailleurs, le consortium a déjà mis en place le dispositif qui vise à chiffrer et récolter cette «taxe écologique» issue du Grenelle de l'environnement.

 Le groupe a notamment installé «250 bornes et 180 portiques», avance une porte-parole d'Ecomouv'.
 Ces concentrés de technologies munis de caméras et de systèmes de détection sont chargés de repérer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur les 15.000 kilomètres de routes communales, nationales et départementales bientôt taxées.
En Bretagne, ces portiques cristallisent la colère des détracteurs de la taxe qui en ont démonté plusieurs.
Leur prix varie entre 500.000 et 1 million d'euros pièce.

Des investissements de 650 millions d'euros

Le montant des infrastructures a donc déjà un coût.
 Les recettes générées par le dispositif devraient toutefois compenser ces coûts: l'État estime que l'écotaxe devrait rapporter 1,2 milliard d'euros par an.
 De son côté, Ecomouv' estime ses propres recettes à près de 2,8 milliards d'euros sur les onze années et demie de la durée d'exploitation et de maintenance du dispositif, et les investissements à 650 millions d'euros.
La société indique que le montant des investissements déjà engagés et les frais financiers s'élevent entre 800 millions et un milliard d'euros, précise Michel Cornil, vice-président d'Ecomouv'.
En cas d'annulation du projet, le gouvernement devra donc dédommager la société à hauteur de cette somme.
 Pour l'heure, le gouvernement a indiqué que la mise en vigueur du dispositif est reportée et non annulée.

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