samedi 4 août 2018

Benalla, l’homme qui draguait les femmes



Mais arrêtez, on n’arrive plus à suivre !

On avait dit que c’était les vacances, qu’on faisait une pause, qu’on en reparlerait en septembre.
Eh ben, non, ça continue.
Nouvel épisode du feuilleton Benalla. Cette fois-ci, c’est Closer qui offre sa contribution à l’épopée estivale en titrant : « Quand Alexandre Benalla, alias “Mars”, draguait sur Tinder, photos d’Emmanuel Macron et Donald Trump à l’appui. »
Cela remonte à l’an passé et le bellâtre affichait pour profil « Mars. Homme de 26 ans. Paris ».
Pour les bouseux (expression employée, cette semaine, par un petit soldat de La République en marche pour qualifer l’opposition) qui en seraient restés aux petites annonces du Chasseur français, c’est quoi, Tinder ?
Marie-Claire (autant aller aux bonnes sources) nous donnait la réponse en 2013 : « Tinder, c’est LA nouvelle appli du moment, celle qui permettra peut-être aux 16 millions de célibataires de trouver l’amour de leur vie… ou de leur nuit ! »
Une appli « très addictive », selon le magazine féminin.
Pour Louise, 26 ans à l’époque, « Tinder est une bonne appli pour booster notre confiance en soi et flatter notre ego en matière de séduction ».
On devrait lire plus souvent la presse féminine, et pas seulement dans la salle d’attente du dentiste.
Mais nous nous éloignons du sujet.
Quoique.
Donc, Mars draguait sur Tinder.
Après tout, c’est son droit.
Et puis, dans ces villes de grande solitude…
À l’appui, donc, pour attirer ces dames, l’homme n’avait pas hésité à publier des photos de lui avec Emmanuel Macron… et Donald Trump.

C’est qui, le grand escogriffe à côté de Mars ?
Ne nous étendons pas sur le surnom : Mars.
La planète des petits hommes verts ?
Mais non, espèce de pignouf, le dieu de la guerre, fils de Jupiter.
Là, on hésite : tragédie grecque ou mauvaise parodie des Pieds nickelés ? « Pourquoi pas Roudoudou, Raplapla, pendant qu’on y est ? », s’exclamait Guy-Hubert Bourdelle dans Papy fait de la résistance !
Alors, essayons de résumer le cas Benalla avec ce que nous en savons pour l’heure.

Le gars, faut qu’il soit toujours sur la photo, c’est plus fort que lui, on dirait.
Toujours ?
Euh… non, pas toujours ; une fois, il aurait aimé ne pas y être.
Le gars, il aime l’uniforme.
C’est bien, l’uniforme, pour draguer.
Enfin, y paraît.
On lui a même offert une panoplie de lieutenant-colonel de gendarmerie.
Comme quoi la République est bonne mère.
Avec le sifflet ?
On n’en sait rien encore.
Mais ne nous perdons pas dans les détails.
Le gars, il aime les armes.
Il en aurait eu tout plein chez lui.
C’est bien, les armes.
Il paraît que ça les impressionne, c’est dingue !
Le gars, il s’était fait faire une carte de visite gravée qui en jetait un max : « Alexandre Benalla, adjoint au chef de Cabinet du Président de la République. »
Waouh ! Just call me Alex, my baby.
Encore un petit effort et il ajoutait la Légion d’honneur.
Le gars, il avait la carte « prestige » pour entrer à l’Assemblée, mais c’était juste pour aller faire de la gonflette à la salle de muscu.
Cela dit, c’était pas bête, pour le carnet d’adresses.
Le gars, il avait une voiture à gyrophare, histoire de ne pas être en retard à ses rendez-vous, sans doute.
Et puis, ça en jette !
Bref, pas besoin d’avoir fait dix ans de psycho pour se dire que le gars est peut-être un « gros mytho », comme on dit de nos jours.

Et son entourage immédiat – notamment le jeune homme, bien fait de sa personne, que l’on voyait souvent à côté de Mars sur la photo – ne s’en était pas rendu compte ?

C’est peut-être cela qui est le plus inquiétant, dans cette affaire que l’on hésite à qualifier de ténébreuse ou de foireuse.

Georges Michel

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