samedi 25 octobre 2014

Taubira et l’honneur des gueules noires.


Wikimedia


Le 24 octobre 2014


   
Emportée par les bourrasques de la démagogie, hantée par le socialisme des années 1930, happée dans une véritable spirale de la folie réparatrice, madame Taubira ment sur les chiffres.

C’est certes une histoire inique au regard de notre moderne démocratie.
 Au regard, surtout, d’un droit du travail aujourd’hui infiniment plus favorable aux salariés qu’il ne l’était hier, et c’est heureux pour eux.
Certains faits du passé, même assez proche passé parfois, nous font dresser les cheveux sur la tête : ainsi l’histoire de ces 3.000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais licenciés après deux mois de grève dure et privés de leur habitat comme de toute possibilité, de fait, de se recaser dans les mines détenues toutes – ou presque – par les Houillères du Nord.
Plus de 300.000 hommes travaillent alors dans les mines françaises.
 En mettant en place le programme du Conseil national de la Résistance (CNR), le gouvernement d’union nationale instauré à la Libération leur a accordé, comme à bien d’autres salariés, des avantages sociaux et financiers importants.
Des mesures, pense-t-on alors, propres à relancer le dynamisme économique indispensable à la reconstruction du pays. Mais le plan Marshall de 1947 met un coup d’arrêt aux largesses et à l’euphorie communiste.
 Concrètement, les décrets Lacoste prévoient « la baisse de leur rémunération, le transfert de la gestion des accidents du travail et maladies des mains des sociétés de secours minières à la direction des houillères, et enfin la diminution de 10 % des effectifs de jour ».
 Tenus par une CGT surpuissante, les mineurs entrent alors dans une grève dure.
Après deux mois de très violents heurts avec les forces de l’ordre (Jules Moch, ministre socialiste du gouvernement d’Henri Queuille, avait fait intervenir l’armée), près de 3.000 mineurs seront licenciés et plusieurs centaines poursuivis en justice, dont certains condamnés à de la prison ferme.
 Depuis 66 ans, ils demandent réparation.
Aucun gouvernement, jusqu’ici, pas même ceux d’un Mitterrand en pleine régression romantique (cf. « Germinal ») n’avait osé ouvrir franchement la boîte de Pandore.
En 1981, une loi d’amnistie était toutefois votée, permettant aux travailleurs licenciés pour des faits de grève et action syndicale d’obtenir réparation.
Une indemnisation était intervenue en 2004.
Puis en mars 2011, la cour d’appel de Versailles reconnaissait « le caractère discriminatoire et abusif du licenciement de 17 mineurs et employés », et condamnait les Charbonnages de France à verser 30.000 euros à chacun.
 Décision cassée par la Cour de cassation en octobre 2012.
En mai dernier, Christiane Taubira écrivait à Michel Sapin, ministre des Finances : « Je pense qu’il serait à l’honneur de notre gouvernement de donner enfin satisfaction à des personnes qui ont conduit un combat politique de plus de soixante ans et ainsi de mettre fin à une injustice jamais réparée auparavant. »
 Elle proposera donc un amendement à la loi de finances 2015 allant dans ce sens, soit l’indemnisation des mineurs licenciés après les grèves de 1948 et 1952, leurs veuves et leurs ayants droit.
Prenant, le jeudi 23 octobre au soir, la parole au cours du pince-fesses qui a suivi la projection du film « L’Honneur des gueules noires », à l’hôtel de ville de Paris, Christiane Taubira a déclaré : ‘C’est une chance et un vrai bonheur pour moi d’avoir rencontré une cause comme celle-ci […] Ce geste de l’État est si peu de chose et je m’incline avec modestie, humilité et un sentiment de fraternité profonde devant les acteurs de cette histoire que je tiens pour une leçon de vie. »

Il paraît – qui en douterait ? – que le Président est très « favorable ».
Que ne dirait-il, en effet, pour regrimper dans les sondages et recoller les morceaux d’un PS disloqué…
Emportée par les bourrasques de la démagogie, hantée par le socialisme des années 1930, happée dans une véritable spirale de la folie réparatrice, madame Taubira ment sur les chiffres : « Quelque 31 mineurs et ayants droit ont été identifiés par la Chancellerie », nous dit-on.
Seulement ?
 Sur 3.000 licenciés ?

Si l’on doit revisiter toute notre histoire, alors pourquoi ne pas indemniser les descendants des canuts, ceux des morts de Fourmies, des sabliers de Vigneux ?

Et pendant qu’on y est, les 15 morts et les 2.000 blessés du 6 février 1934, envoyés au tapis par la gauche radicale socialiste ?

Ah pardon !

 Ceux-là n’étaient pas du bon côté…

1 commentaire:

  1. Madame Taubira n'est pas adaptée à la psychologie française. Attendons que la caravane passe...

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