samedi 25 octobre 2014

François Hollande : l'inconnu dans la maison vide .

Le Point - Publié le - Modifié le
 

François Hollande est lâché par tous, y compris par ses proches.

François Hollande est lâché par tous, y compris par ses proches. © Fred Dufour/AFP

Aubry, Valls, Rocard, Collomb..., ils se sont tous payé le président. À ce point affaibli, celui-ci ne peut même pas leur répondre. Histoire d'une tragédie.

La semaine qui s'achève est cruelle et désastreuse pour François Hollande.
 Dimanche, dans Le JDD, Martine Aubry fustigeait sa politique, ses erreurs et ses trahisons. Jeudi, son Premier ministre Manuel Valls donnait à L'Obs une interview qui fera date.
Il y jette les bases d'une gauche refondée, modernisée, à l'écoute des entreprises, réconciliée avec le libéralisme et l'économie de marché.
 Pris entre ces deux feux, le chef de l'État est resté coi. Il s'est contenté de glisser deux-trois petites blagues en décorant Valls des insignes de grand-croix de l'ordre national du Mérite.

LIRE notre article "Les compliments fielleux de François Hollande à Manuel Valls"

Comme si cela ne suffisait pas, deux très respectables socialistes leur ont emboîté le pas.
 L'ancien Premier ministre Michel Rocard interrogé sur la présidentielle de 2017 lâche cette phrase sans appel : "Je ne pense ni qu'il le souhaite ni qu'il le puisse, et moi-même, je le lui déconseillerais." Pire encore, Gérard Collomb, maire de Lyon et figure de la gauche raisonnable, gestionnaire et pragmatique, réclame des primaires pour cette élection.
Demander à un président sortant de batailler contre ses anciens ministres, ou de simples députés, pour porter l'écusson de son parti, voilà une humiliation supplémentaire.
Conclusion de ces tirs de barrage à la fois croisés et contradictoires : le président de la République n'existe plus.
Il n'est que quantité négligeable, un punching-ball sur lequel ses "amis" politiques peuvent se défouler sans risque.
 L'homme est méprisé, sa fonction également.
Imaginez qu'une obscure secrétaire d'État (Laurence Rossignol en charge de la Famille et des Personnes âgées) vient de proposer que le président de la République ne soit plus élu au suffrage universel.
On ne pouvait guère plus fouler aux pieds la clef de voûte de nos institutions...
 Ou avouer que le costume est beaucoup trop large pour celui qui le porte aujourd'hui.

Rebsamen et Sapin au piquet

Et ne comptez pas sur les proches de François Hollande pour lui mettre du baume au coeur.
 "Nous sommes en échec.
Le chômage ne reculera pas avant la mi-2015", assène ce samedi dans Le Parisien-Aujourd'hui en France François Rebsamen, le ministre du Travail.
Il enterre ainsi la proposition la plus emblématique du président.
 L'inversion de la courbe du chômage est désormais à ranger dans le musée des fausses promesses, quelque part entre le "je ne serai pas le président de 2 millions de chômeurs" de François Mitterrand en 1981 et le "dans cinq ans, on pourra à nouveau se baigner dans la Seine.
 Et je serai le premier à le faire", de Jacques Chirac en novembre 1988.
Quant à Michel Sapin, ses assurances selon lesquelles la Commission de Bruxelles ne regimberait pas devant le budget de la France se sont révélées inexactes.
José Manuel Barroso, président sortant de cette commission, a clairement annoncé à Hollande que ses équipes ne donneraient pas quitus au budget 2015.
Une humiliation (publique) de plus !
 Et une preuve supplémentaire de l'amateurisme de ministres pourtant essentiels...

Devant un tel spectacle, autant de renoncements et d'incompétences, les Français perdent patience. Selon un sondage Odoxa pour i>Télé, 84 % d'entre eux souhaitent que François Hollande ne se représente pas.

Pis, pour représenter le PS, 47 % des sondés préfèrent Manuel Valls, 28 % Martine Aubry, 17 % Arnaud Montebourg et seulement 4 % optent pour Hollande.

Monsieur 3 % - le sobriquet qu'on lui avait donné en 2010 quelques mois avant la primaire socialiste - est de retour.

 Mais, entre-temps, il est devenu président de la République française.

Et ce n'est pas une blague...

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