mercredi 25 octobre 2017

Quatre questions sur la viande bovine tuberculeuse vendue dans les supermarchés français

 

De la viande en libre-service dans un supermarché à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 3 décembre 2014.

De la viande en libre-service dans un supermarché à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le 3 décembre 2014. (MAXPPP)
Carole Bélingard France Télévisions
publié le
 
Peut-être en avez-vous mangé cette année.
Trois mille tonnes de viande diagnostiquée positive à la tuberculose sont vendues dans les supermarchés français chaque année, selon un article paru dans Le Canard enchaîné, mercredi 25 octobre.
Franceinfo fait le point sur ces révélations.
 
Qu'est-ce que la tuberculose bovine ?
 
La tuberculose est une maladie provoquée par le bacille tuberculeux (Mycobacterium tuberculosis), qui touche le plus souvent les poumons, rappelle l'OMS.
Il existe une souche bovine (Mycobacterium bovis), responsable de la tuberculose bovine, qui peut être transmise à l’homme dans certaines conditions mais qui touche principalement les bovins, précise le ministère de la l'Agriculture.
En France, plus de 99% des cas de tuberculose chez les humains sont dus à la souche humaine de la maladie (Mycobacterium tuberculosis).
 
Quel est le problème soulevé par "Le Canard" ?
 
L'hebdomadaire souligne que le consommateur ne sait pas qu'il achète de la viande issue d'une vache tuberculeuse.
Aucun étiquetage particulier n'est apposé sur l'emballage.
Et cette viande est "vendue en barquettes 'premier choix'", ajoute Le Canard enchaîné.
Il précise que "la quasi-totalité des bovins exécutés pour cause de tuberculose sont, en effet, des races à viande, proposées plus cher en rayon que la vulgaire vache de réforme", qui a fourni du lait pendant onze ans.
Dans le journal, Laurent Pinatel, un porte-parole de la Confédération paysanne, dénonce les pratiques des industriels.
 
Ils revendent au même prix la viande au consommateur, alors qu'ils l'achètent à bas prix à l'agriculteur, car ce dernier reçoit des aides de l'Etat en cas d'abattage de ses bêtes.
 
"Ils utilisent leurs indemnisations versées par l'Etat pour tirer encore un peu plus vers le bas les prix du marché", dénonce Laurent Pinatel.
 
Est-il légal de vendre cette viande ?
 
Oui.
C'est une pratique prévue et encadrée par les autorités sanitaires européennes.
"Lorsqu'une lésion tuberculeuse a été retrouvée dans les ganglions lymphatiques d'un seul organe ou partie de la carcasse, seuls l'organe ou la partie de carcasse infectée doivent être déclarés impropres à la consommation", explique le règlement 854/2004.
"Quand un animal est testé positif, il est soumis à une inspection post-mortem, détaille Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la Direction générale de l'alimentation, sur le site du ministère.
A ce moment-là, il y a trois cas de figure : soit on ne trouve pas de lésions tuberculeuses, et la viande ne présente aucun risque ; soit on trouve quelques lésions localisées, auquel cas on les enlève et le reste de la viande peut être envoyé dans le circuit de consommation sans danger ; soit la tuberculose est généralisée, et l'animal est envoyé à l'équarrissage, car il y a un risque de contamination des muscles et des abats. Enfin, ce sont ces lésions dites 'ouvertes' qui peuvent être contagieuses."
 
Du côté du ministère de l'Agriculture, contacté par franceinfo, on insiste sur le fait qu'il n'y a pas de danger pour le consommateur.
 
"Depuis plus de trente ans, en France, personne n'a attrapé la tuberculose en mangeant du bœuf", assure au Canard un responsable de la Direction générale de l'alimentation.
 
En avait-on déjà parlé ?

En 2013, le Sunday Times (en anglais) avait révélé que 28 000 bêtes anglaises testées positives à la tuberculose étaient offertes à la consommation chaque année dans plusieurs pays européens, dont la France.
 
Le ministère de l'Agriculture français avait alors communiqué en assurant que cela ne comportait aucun risque pour les consommateurs.
 
De grandes enseignes comme les supermarchés Tesco, ainsi que les chaînes McDonald's et Burger King avaient refusé de vendre cette viande, écoulée essentiellement dans des cantines scolaires ou les restaurants hospitaliers, rappelait alors Le Figaro.
 

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