samedi 28 octobre 2017

L'appel au boycott des produits catalans court sur les réseaux sociaux

 
 
« Produits catalans ? Non merci. »  L'appel court réseaux sociaux formes 

« Produits catalans ? Non merci. » L'appel court sur les réseaux sociaux sous toutes ses formes - Matthias Oesterle/Zuma/REA
Le 27/10/2017
 
La campagne cible les grandes marques, mais ce sont les petites entreprises qui risquent d'en souffrir le plus.
 
« Produits catalans ? Non merci. »
L'appel court sur les réseaux sociaux sous toutes ses formes.
« Si c'est catalan, laisse-le dans le rayon, empêche les indépendantistes de se financer avec ton argent. »
« Un sou est un sou, il faut frapper au portefeuille. »
Les listes noires de produits fabriqués en Catalogne circulent sur Internet et les marques catalanes les plus connues sont dans le collimateur.
Difficile de connaître l'impact chiffré de la campagne.
Les grandes entreprises du cava, le vin mousseux catalan qui coule à flots en Espagne pendant les fêtes de Noël, sont aux aguets alors que s'ouvre la période de commandes.
Pas question de donner des chiffres qui pourraient enflammer un peu plus les uns ou les autres.
 
Nouvelles barrières mentales

Les entreprises sont en première ligne dans la guerre de positions entre Madrid et Barcelone.
Elles voient se fracturer la société et se dresser de nouvelles barrières mentales.
La région qui représente 19 % du PIB du pays a beaucoup à perdre, alors que les entreprises locales effectuent 35 à 40 % de leurs ventes vers le reste de l'Espagne.
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« Personne ne donne vraiment de raison, mais on voit des commandes annulées, des rendez-vous remis. Pour nous, il est clair que le fait d'être domiciliés à Barcelone est un handicap pour démarcher à Séville ou à Valladolid en ce moment », raconte la dirigeante d'une petite entreprise spécialisée dans le matériel d'exposition.
Elle calcule que son activité a plongé de 30 % depuis septembre et plus encore depuis la tenue du polémique référendum d'autodétermination, le 1er octobre.

A l'inverse, certaines entreprises ayant déménagé leur siège hors de la région pour éviter toute incertitude juridique sont en train de subir le boycott des indépendantistes qui les taxent de traîtres.

Les grandes marques en ligne de mire
 
« Pas de boycott, pas d'offenses, travaillons ensemble pour retrouver le bon sens », plaidait récemment l'ancien président du Parlement européen Josep Borrell, lors d'une manifestation en faveur de l'unité de l'Espagne.
Dans la ligne de mire se trouvent les grandes marques connues de la région, les leaders du marché du cava Freixenet et Codorníu, la bière Estrella Damm, les pizzas Casa Tarradellas, l'eau plate Font Vella, ou pétillante Vichy Catalan, la crème à tartiner Nocilla, ou encore les voitures Seat...
 
Les petites entreprises, doublement touchées

Les partisans du boycott étudient aussi précisément la liste des multinationales qui distribuent leurs produits dans la péninsule Ibérique à partir de Barcelone.
Mais ce sont les petits entrepreneurs qui sont le plus exposés. 
« Nous sommes doublement affectés, par le boycott, d'un côté, et, de l'autre, par la pression indépendantiste qui provoque des tensions au sein de la société catalane, raconte Josep Bou, au nom de l'association patronale anti-indépendantiste Empresaris de Catalunya. 
On voit aussi comment l'incertitude a fait chuter la consommation dans la région et comment les entreprises bloquent leurs plus petites décisions en attendant de voir se dégager l'horizon. »
Il y a quelques jours, l'appel au secours d'un petit entrepreneur, Roberto Ruiz, mettait en évidence les risques du rejet au produit catalan.
Sa modeste entreprise familiale, installée à L'Hospitalet de Llobregat en périphérie de Barcelone, est spécialisée dans la production de tapenade distribuée dans les magasins gourmets à travers l'Espagne.
« Nous voyons comment, mois après mois, se réduisent les ventes », témoigne-t-il, chiffrant à 70 % la baisse en septembre par rapport à l'année antérieure.
Et d'affirmer : « Les entrepreneurs de Catalogne ont aussi le droit d'exister, malgré nos mauvais gouvernants. »
Son appel à l'aide, relayé par la presse, a été accueilli par une rapide remontée des commandes en solidarité.
Mais les difficultés des petits entrepreneurs catalans risquent de ne pas s'arrêter là, alors que la rancoeur s'installe, de part et d'autre, à travers le pays.
 




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