vendredi 27 octobre 2017

Faut-il bouter les Parisiens hors de Bordeaux ?

 




Depuis l’ouverture de la ligne à grande vitesse qui permet de faire le trajet Paris-Bordeaux en deux heures, ils envahiraient la capitale girondine.

Ce ne sont plus les Anglais qu’il faut bouter hors de Bordeaux : ce sont les Parisiens !
Depuis l’ouverture de la ligne à grande vitesse qui permet de faire le trajet Paris-Bordeaux en deux heures, ils envahiraient la capitale girondine.
Résultat : flambée des prix de l’immobilier, densification de la population, accroissement des bouchons…
Face à ce fléau, plusieurs collectifs se mobilisent, dont le Front de libération bordeluche face au parisianisme (FLBP), très actif sur Twitter et Facebook.
Des autocollants fleurissent en ville, représentant un TGV avec le slogan : « Parisien rentre chez toi. »
Alain Juppé s’offusque, il vient de se fendre d’un tweet : « Les attaques anti-nouveaux arrivants à Bordeaux sont une honte. J’envisage de saisir la justice. Notre ville est accueillante et le restera. »
Il faut reconnaître que, depuis qu’il est maire, la ville s’est embellie : toute la zone des quais est métamorphosée, le miroir d’eau situé face à la place de la Bourse mondialement connu, des lignes de tram et de bus permettent d’accéder facilement au centre, les rues sont plus propres…
De quoi attirer les touristes, ce dont une ville ne peut que se réjouir – à moins de vouloir imiter ces groupuscules anticapitalistes qui s’attaquent aux étrangers visitant Barcelone.
Quant aux Parisiens, s’ils viennent séjourner à Bordeaux, voire y travailler, c’est qu’ils y trouvent la vie plus agréable.
Ils ne sont pas les seuls dont la présence soit contestée.
Certains quartiers, autrefois populaires, sont réhabilités, ce qui provoque des réactions.
C’est le cas de Saint-Michel où appartements et pas-de-portes se vendent à prix d’or.
« Pavé brûlant », qui se réclame de « l’antifascisme » (sans doute pour recevoir l’absolution), multiplie les tags : « Saint-Mich’ nique les riches », « Parlez pas de mixité quand vous gentrifiez » et autres gentillesses.
Pas certain que le droit de vivre à Bordeaux soit une priorité de leur action, mais ils soulignent une réalité : l’accaparement de Bordeaux par la finance.
Car il est vrai que les prix des logements augmentent : + 44 % en 10 ans et + 15 % en un an !
Le montant des locations s’accroît parallèlement.
On peut présumer que les promoteurs font de bonnes affaires – même si l’application prochaine de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) les incitera à réfléchir à deux fois avant d’investir dans l’immobilier.
Plutôt que de se plaindre de l’arrivée de Parisiens, attirés par la douceur de vie bordelaise, mieux vaudrait attirer l’attention des autorités politiques sur le sort des groupes sociaux qui pâtissent de cette situation, à commencer par les étudiants et les familles nombreuses.
Si l’on a des enfants et des revenus modestes ou moyens, se loger décemment dans Bordeaux est désormais un luxe inaccessible.
Les classes aisées vont enfin pouvoir rester entre elles !
Finalement, ce phénomène n’est qu’une conséquence, parmi d’autres, d’une politique qui privilégie les grandes métropoles au détriment des zones périphériques ou rurales.

Les dirigeants des premières ne sauraient s’en plaindre, puisqu’elle leur assure une réélection facile.

Les bobos de droite et de gauche ont en commun le goût de l’entre-soi et des portefeuilles bien remplis.

Ce sont les mêmes qui sont prêts à accueillir des migrants à bras ouverts, à condition de ne pas en croiser sur leurs trottoirs.

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