lundi 24 septembre 2018

En privé, Gérard Collomb ne retient plus ses coups contre Emmanuel Macron

 
 
En privé, Gérard Collomb ne retient plus ses coups contre Emmanuel Macron

 Gérard Collomb et Emmanuel Macron à Lyon, le 28 septembre 2017. Pluquet Pierre-Antoine/ANDBZ/ABACA

Par Arthur Berdah

Publié le 24/09/2018
 
LE SCAN POLITIQUE -

Lors d'un déjeuner avec des journalistes, le futur-ex-ministre de l'Intérieur a critiqué début septembre l'attitude du président.

«Si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler», prévient-il.
 
Le grognard se met à grogner.
Soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb semble avoir décidé de prendre ses distances avec son champion.
En témoigne la très longue interview qu'il a accordée à la surprise générale à L'Express , pour y révéler qu'il allait démissionner du ministère de l'Intérieur courant 2019 et briguer la mairie de Lyon lors des municipales de 2020.
Une annonce qui a fini d'acter un divorce qui couvait depuis déjà plusieurs semaines avec le président de la République.
       
Comme le révèle La Dépêche du midi , le futur-ex-locataire de Beauvau a lâché ses coups lors d'un déjeuner avec quelques journalistes début septembre.
«Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début: Ferrand, Castaner, Griveaux et moi... D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole», a-t-il confié.
Le verbatim a été confirmé au Figaro par un proche.

«Je ne sais pas à quoi il joue», s'étonne un proche de Collomb
Selon Gérard Collomb, le rapport que le chef de l'État entretient avec le pouvoir l'a conduit à commettre plusieurs erreurs depuis son élection.
Il lui reproche notamment son «langage choc», dont il a choisi de faire une marque de fabrique.
«Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme la nouvelle grammaire de la politique ou la “start-up nation”, ils ne s'y reconnaissent pas...», assenait-il.
Idem dans la gestion de l'affaire Benalla, où il regrette que le président ne soit «pas monté au créneau plus tôt».
C'est d'ailleurs pour cette raison que Gérard Collomb a surtout cherché à se défendre lui-même lors de son audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée.
«Ça n'est pas parce que je reçois le futur empereur du Japon que j'ai une vocation de kamikaze. Le sabre dans le ventre, très peu pour moi», balaie-t-il, estimant que «le problème de fond» réside dans le fait qu'Alexandre Benalla «se (prenne) pour un seigneur»..

«Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au Président»

Enfin, l'ancien sénateur-maire de Lyon revient sur quelques réformes vis-à-vis desquelles il avait déjà confié ses réserves à demi-mot par le passé.
«On n'a pas bien traité un certain nombre de problèmes comme l'accueil des mineurs isolés, les 80 km/heure».
Cette attitude du ministre de l'Intérieur a surpris plusieurs proches, y compris au sein de son premier cercle.
«Cela fait quelques temps qu'il tape comme un malade sur Emmanuel Macron. Je ne sais pas à quoi il joue mais il se fragilise», s'inquiète un intime.
Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué ne pas avoir «l'habitude de commenter des propos rapportés, non tenus publiquement» et a insisté sur la loyauté de M. Collomb vis-à-vis du chef de l'Etat.
«Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au Président, tout en faisant preuve avec lui en privé d'une franchise qui a toujours caractérisé leur relation», a fait valoir le ministère.

lefigaro.fr

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