mardi 27 mars 2018

Liberté d’expression : jusqu’à se réjouir de la mort d’un gendarme ?

 
 


Le 27/03/2018

 
La liberté d’expression est un sport de félin, pas de charognard.

Peut-être que certains lecteurs de Boulevard Voltaire se sont étonnés qu’aucun article n’ait été consacré, ces derniers jours, aux propos ignobles de Stéphane Poussier, ancien candidat de La France insoumise aux élections législatives en 2017, concernant l’assassinat du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame par un terroriste islamiste.
Le traitement par un mépris souverain était certainement ce qu’il y avait de mieux à faire.
Mais, aujourd’hui, j’ai proposé finalement à Gabrielle Cluzel, notre rédactrice en chef, de « traiter » le sujet car M. Poussier a récidivé dans l’abject, si l’on peut dire, et si l’on en croit Europe 1.
En effet, M. Poussier, suite à ses déclarations sur Facebook et Twitter dans lesquelles il s’est réjoui de la mort de l’officier de gendarmerie, a été placé en garde à vue pour apologie du terrorisme.
Or, Europe 1 nous apprend aujourd’hui que ce monsieur « invoque la liberté d’expression et qu’il conteste vigoureusement l’infraction d’apologie du terrorisme ».
Nous ne reviendrons pas sur les propos de ce personnage.
Ils ont été qualifiés d’« ignobles », d’« abjects », de « honteux », à juste titre, y compris par les responsables de sa formation politique.
Mais n’est-il pas tout aussi ignoble, abject et honteux d’invoquer la liberté d’expression dans de telles circonstances et pour la tenue de tels propos ?
Cette liberté d’expression que l’on voit chaque jour toujours plus contrôlée, quadrillée, disséquée par le tribunal de la bien-pensance, assisté de ses auxiliaires constitués en ligues de vertu, souvent grassement subventionnées par nos impôts.
L’on ne peut plus aligner deux mots aujourd’hui – surtout si l’on est classé « à droite », bien évidemment – sans qu’on ne se pose la question de l’éventuel caractère répréhensible de ce qu’on s’apprête à écrire.
Ne va-t-on pas « stigmatiser » telle catégorie de population ?
Tel trait d’humour, qu’un Desproges ou Coluche aurait pu tracer naguère, ne va-t-il pas soulever une tempête médiatique et vous faire ostraciser de la société des humains tout entière ?
Bref, user de la liberté d’expression devient, aujourd’hui, un sport dangereux qui nécessite agilité, souplesse et une vigilance de tous les instants.
Un sport de félin.
Et M. Poussier sort comme un joker cette liberté d’expression pour écrire ces horreurs : À chaque fois qu’un gendarme se fait buter, et c’est pas tous les jours, je pense à mon ami Rémi Fraisse. Là c’est un colonel, quel pied. »

Ces propos font-ils l’apologie du terrorisme ?
Je ne sais pas.
Mais ils recèlent une violence verbale qui fait d’ailleurs écho à la violence physique souvent utilisée par une certaine ultra-gauche dans la rue.
D’aucuns, en outre, y verront la trace de cet islamo-gauchisme qui ne trompe personne aujourd’hui. Samedi, Éric Naulleau tweetait à propos de la mort du lieutenant-colonel Beltrame et de celle de son assassin : « Toutes les morts ne se valent pas. »

De la même façon, aussi dramatique soit la mort accidentelle de Rémi Fraisse, ce dernier n’a pas été assassiné comme l’a été Arnaud Beltrame.
Mettre en parallèle ces deux morts est donc, en soi, source de scandale.
Alors, comment ne pas trouver dans ces propos une incitation à la haine et à la violence, toutes choses qui limitent la liberté d’expression.
La liberté d’expression est un sport de félin, pas de charognard.

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