dimanche 18 février 2018

La libération (ou non) de Marc Dutroux fait débat en Belgique

 
 
Marc Dutroux photographié lors de son procès en 2004. / © STF / POOL / AFP

Marc Dutroux photographié lors de son procès en 2004. / © STF / POOL / AFP

Par Quentin Vasseur

Marc Dutroux, le tristement célèbre électricien belge condamné pour assassinats, viols sur mineurs et séquestrations peut-il retrouver un jour la liberté ?

La question fait débat en Belgique depuis la publication du livre "Pourquoi libérer Dutroux ?" par son avocat Bruno Dayez, Ce dernier juge que la libération de son client est "convenable et légitime".

Surtout, il estime que la peine de prison à perpétuité incompressible (qui ne peut pas être réduite) à laquelle Marc Dutroux a été condamné en 2004 est une "ignominie"

"La perpétuité est une peine de mort à vie" estime le nouvel avocat du condamné belge, qui considère qu'une "punition n’a de sens que si elle a une fin".
 "On l’a laissé pourrir dans des conditions épouvantables, apocalyptiques" juge-t-il également dans son livre.

S'il s'est donné pour objectif de faire libérer son client en 2021 (Marc Dutroux aura alors purgé une peine de 25 ans), il s'agit surtout d'"une occasion d’interpeller le grand public sur les réformes judiciaires indispensables" dans un pays traumatisé par l'affaire Dutroux.

L'affaire Dutroux
Le 13 août 1996, Marc Dutroux était interpellé par la police belge : sa camionnette avait été repérée lors du rapt de la jeune Laetitia Delhez.
Deux jours plus tard, cette dernière est retrouvée saine et sauve dans une cache aménagée dans la cave d'une de ses maisons à Marcinelle, aux côtés de Sabine Dardenne, enlevée quelques mois plus tôt.
Les deux filles avaient subi des sévices sexuels.

Dans les semaines qui suivent, les enquêteurs retrouvent les corps de Julie et Mélissa, deux amies de 8 ans enlevées à Liège en juin 1995 et mortes de faim dans la cave de Marcinelle.
Puis dans le jardin d'une autre habitation sont retrouvées les corps d'An Marchal, 17 ans et d'Eefke Lambrecks,19 ans, deux Flamandes enterrées vivantes.


Marc Dutroux était en situation de récidive : il avait déjà été condamné en 1989 avec son épouse pour des faits de séquestration, enlèvements et viols de mineures de moins de 16 ans commis entre 1983 et 1985.

Sorti de prison en bénéficiant d'une libération conditionnelle (alors que le procureur et les psychiatres s'y opposaient), il était de nouveau accusé en 1992 pour attouchements sexuels sur des jeunes filles à la patinoire de Charleroi, avant d'être relâché.

En 2016, Me Julien Pierre, son avocat entre 1996 et 2003, confiait que son client lui avait parlé au cours d'un entretien de son projet de créer une "cité souterraine" d'enfants.

Dutroux voulait créer une "cité souterraine" d'enfants 

Des réactions vives
Le débat soulevé par la parution mercredi 14 du livre de Bruno Dayez a ravivé des plaies que la Belgique avait mis longtemps à panser.

La parole a notamment été donnée aux proches des victimes.
A part créer le doute et de la confusion mentale dans l'esprit des faibles ce débat était et est nul

"En 1995 il était déjà récidiviste, il n'a pas le droit d'être réinséré" assène Jean-Denis Lejeune, le père de Julie. "Il faut savoir que les experts psychiatres ont diagnostiqué Dutroux comme psychopatheLa psychopathie est une maladie qui ne se soigne pas. Il n'a pas le droit à la réinsertion. D'après maître Dayez lui-même, il n'a suivi aucun traitement médical en prison."




Le père de la jeune Laetitia, Gino Russo, a également réagi sur Facebook en publiant la vidéo d'un spectacle de danse de sa défunte fille, quelques jours avant son enlèvement. "A part créer le doute et de la confusion mentale dans l'esprit des faibles ce débat était et est nul" a-t-il également déclaré sur le réseau social.

Aux proches des victimes, Bruno Dayez a répondu dans une interview sur RTL.be que "l’Etat n’a pas à traiter les assassins ou les criminels comme les criminels ont traité leurs victimes. C’est le propre d’un Etat civilisé de ne pas rendre coup pour coup. La peine a pour vocation de réparer."





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