lundi 19 février 2018

Gérard Depardieu, ou le franc-parler qui dérange les délicats

 
 


Le 19/02/2018



Depardieu symbolise tous les fantasmes de la sphère progressiste en sa qualité de mâle blanc dominateur.
 
 
Gérard Depardieu, qui n’a jamais eu la langue dans sa poche – ce dont nous lui savons gré lorsqu’il l’emploie à transcender Cyrano de Bergerac et sublimer la langue française, sous la direction de Jean-Paul Rappeneau, pour ne citer que ce film –, s’est encore fendu de déclarations fracassantes pour les oreilles délicates qui ne pensent qu’à vivre ensemble, mais pas pour les autres, celles qui entendent la réalité pour ce qu’elle est.

Ainsi, le 13 février dernier, invité dans l’émission « Quotidien », orchestrée par le dispensable Yann Barthès, Depardieu – désormais citoyen russe – a nagé à contre-courant de la doxa de l’intelligentsia française – composés de « gens qui méprisent tout le monde sauf eux-mêmes », déclarait-il au site américain Daily Beast en septembre 2017 (RT France) –, balançant entre autres que « “les Algériens qui vivent à Marseille ne pourraient pas se comporter comme ils se comportent à Marseille en Algérie”. Précisant par ailleurs qu’en Algérie, ils sont “vite ramenés au respect par les anciens” » (La Provence).
Les anciens, vous savez, ce truc réactionnaire auquel on attachait jadis une certaine importance.
Ce qu’Alain Delon exprimait, lui aussi, récemment, dans un entretien accordé à Paris Match, affirmant qu’« il n’y a plus de respect, plus de parole donnée ».
Décidément, la vérité vient de la bouche de certains acteurs, en ce moment !
Et Depardieu d’en remettre une couche en affirmant – un peu à raison, tout de même – que Marseille, qu’il confie préférer à Paris, « c’est une cité qui a été bousillée un peu par la grève des dockers et tous ces connards de politiques ».
À la lumière de ce qui s’y passe, on pourrait presque avancer que Marseille, c’est, par métonymie, la France d’aujourd’hui.
Le génial acteur – désolé pour ses détracteurs, souvent aveuglés par leur détestation de sa personne, il l’est ! – a donc fort judicieusement remis, à sa façon, les pendules à l’heure, loin du discours victimaire habituel qu’on nous sert ad nauseam.
En homme qui s’est intéressé à d’autres cultures, il aurait même pu aller plus loin en montrant que le respect est une valeur à laquelle nous devons tous être attachés et ce, quelle que soit notre origine.
Ce qui est aux antipodes de ce qu’expriment, de ce côté-ci de la Méditerranée, certains chanteurs de rap qui n’hésitent pas à invectiver la France dont Booba, avec sa chanson « Caesar Palace », ou le collectif de rappeurs Sexion d’Assaut, parlant d’une « conne de France » et d’un « pays de kouffars ».
Là, comme ça vient de la diversité – appellation d’origine contrôlée –, c’est recevable.
Hélas, Depardieu symbolise tous les fantasmes de la sphère progressiste en sa qualité de mâle blanc dominateur et colonialiste en puissance.
Il n’est donc pas audible.

Pourtant, il suffit de constater le désastre et d’écouter le désarroi des Marseillais de souche pour comprendre que, à l’instar du royaume de Danemark (dixit Hamlet, de Shakespeare), il y a, effectivement, quelque chose de pourri dans la cité phocéenne.

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