Les
plus vieux parlent d’en faire « un nouveau Larzac ». Ceux qui n’ont pas
connu les chemises à fleurs d’Antoine et les moustaches de José Bové,
au siècle dernier, se réfèrent à Notre-Dame des Landes.
Le Marais
poitevin est, ainsi, devenu la terre d’élection d’une extrême gauche en
mal de représentation et l’occasion d’un défoulement de ses troupes
cagoulées. Au nom de l’écologie, cela va de soi.
Le collectif Bassines, non merci ! et ses amis de la Confédération
paysanne avaient ainsi appelé les opposants aux « méga-bassines » à se
réunir, samedi, à La Rochénard (79), joli bourg « à quelques
encablures du site de la première réserve de substitution d’eau, située
elle sur la commune de Mauzé-sur-Le-Mignon », nous précise l’AFP.
Les méga-bassines ? Il s’agit, concrètement, d’excavations recouvertes
d'une membrane plastifiée, alimentées par les cours d'eau et nappes
phréatiques en hiver afin de servir, l'été, dans les moments de
sécheresse. Elles sont gérées par la COOP de l’eau 79 à qui les
opposants reprochent de favoriser les céréaliers au détriment des petits
agriculteurs.
Dans une vision que l’on peut juger un brin caricaturale, le
collectif résume ainsi l’enjeu : ce ne serait rien d’autre que celui du
modèle agricole, à savoir le choix entre l’agriculture productiviste
avec des grandes réserves de substitution d’eau, ou l’agriculture plus
artisanale, sans recours à ces fameuses méga-bassines.
Pour cette manifestation, le collectif Bassines, non merci ! avait
lancé une mobilisation nationale. Des cars sont arrivés de toute la
France (de 5.000 à 7.000 personnes, selon les sources) et les festivités
ont commencé après une nuit sous la tente. Toutes les forces de gauche
étaient rassemblées, de la CGT à La France insoumise en passant par
EELV
et la bande à Poutou. On rappellera, d’ailleurs, qu’une première
manifestation avait déjà eu lieu à Épannes, en 2020, à laquelle
participaient Yannick Jadot,
Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou aux côtés de l’ancêtre José Bové.
La vie des gauchos-écolos, c’est simple comme du Sandrine Rousseau :
ici les bons, là les méchants. Les arrosoirs côté lumière, les bassines
d’irrigation côté obscur de la force. C’est pourquoi des militants,
n’écoutant que leur courage, ont saccagé, samedi, une station
d’irrigation et déterré à coups de pioche des canalisations censées
venir alimenter l’exploitation d’un céréalier installé dans la commune
d’Épannes et président départemental de la FNSEA 79. Le diable en
personne. Sauf que…