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dimanche 17 septembre 2023

Lampedusa : Scholz juge la pression migratoire « insoutenable » ! Meloni aussi !


 

Frédéric Sirgant 16 septembre 2023

Les étés européens furent les périodes de déclenchement des guerres mondiales.

Au XXIe siècle, ce sont les périodes où le chaos migratoire explose, un coup en Grèce, un coup à Lampedusa, un coup à Gibraltar. Souvenez-vous : 2015 et ce 31 août où la chancelière Angela Merkel prononça son célèbre : « Wir schaffen das! » (« Nous y arriverons ! »). Une formule qu'elle renia en partie par la suite, mais sans jamais remettre en cause la folle politique d'accueil qui conduit l'Europe dans le mur en dénaturant sa démographie et son identité et en important en prime de l'insécurité. Huit ans après, c'est Lampedusa, débordée tout cet été par des arrivées massives de migrants, qui vient de nouveau infliger un camouflet à la politique d'accueil des Merkel, von der Leyen et Scholz.

C'est, paradoxalement, le chancelier social-démocrate qui vient d'acter en catimini la faillite du système immigrationniste mis en place par l'Union européenne. En effet, on a appris, ces jours-ci, que l'Allemagne refuse depuis fin août d'accueillir les migrants d'Italie, comme elle devrait le faire en application du mécanisme volontaire de solidarité européen qui consiste à relocaliser dans un pays tiers une partie des migrants arrivés dans un État de l'Union européenne. Les justifications de Berlin sont intéressantes. L'une, diplomatique, est un classique de la belle solidarité européenne : Berlin accuse Rome de ne pas reprendre les demandeurs d’asile installés en Allemagne, mais dont le dossier devrait être traité en Italie, où ils sont d'abord arrivés, en vertu de l'accord de Dublin. Sur 12.452 migrants en 2023, l’Italie n’en aurait repris que dix, selon le ministère de l’Intérieur allemand.

Mais l'autre motif invoqué par l'Allemagne de Scholz est beaucoup plus intéressant : en effet, le ministère de l’Intérieur allemand évoque « la forte pression migratoire actuelle vers l’Allemagne ». Intéressant car Giorgia Meloni vient, ce vendredi soir, d'employer la même expression dans un message vidéo, en mettant l'Union européenne au pied du mur !

Que le social-démocrate allemand se mette à parler comme l'extrême droite italienne est un signe encourageant.

Mais qu'est-il donc arrivé à Scholz, alors qu'il fait l'actualité pour son cache-œil après une légère blessure durant son jogging ? Un soudain accès de lucidité devant la réalité migratoire dans son propre pays ? Peut-être. En effet, selon l'Office fédéral allemand de l'immigration et des réfugiés (BAMF), 162.271 migrants ont déposé une demande d'asile, un chiffre en augmentation de 77,5 % par rapport à 2022 - pourtant une année record ! Mais cette lucidité est sans doute favorisée par des sondages donnant la droite et l'extrême droite allemande (AfD) en forte hausse. De nombreux élus locaux, confrontés aux conséquences concrètes de cette folie migratoire, notamment en termes sécuritaires, mettent la pression sur le gouvernement. Et le ministre de l’Intérieur allemand, Nancy Faeser, est en campagne comme tête de liste du Parti social-démocrate (SPD) pour les élections régionales en Hesse du 8 octobre. Or, l'AfD est régulièrement donnée au même niveau que le SPD. Après les défaites historiques de la CDU à la fin du règne Merkel, ce serait au tour du SPD de mordre la poussière.

Si cet énième chaos de Lampedusa permet aux dirigeants européens, sous la pression des partis de droite en campagne pour les européennes, de prendre enfin conscience que les problèmes d'immigration ne sont pas d'abord des questions de répartition à négocier mais bien de flux à interrompre, de sources à tarir, alors il n'aura pas été inutile. Bien sûr, cette révolution copernicienne nécessitera une autre détermination que les pas de deux d'un Scholz ou d'un Macron. Et la première condition en est le basculement de l'Union européenne vers une droite Orbán-Meloni. Oui, Lampedusa constitue bien le premier round de la campagne pour les élections européennes, comme l'écrit Marc Baudriller. Et une chance historique de ressaisissement.

 

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