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samedi 14 janvier 2023

Enième épisode de la descente aux enfers du PS : Manuel Valls et les millions du Congo

 

 

Marc Eynaud 13 janvier 2023

« Le Premier ministre, le conseiller et les millions congolais », titre Libération, ce vendredi 13. Une date qui pourrait presque faire écho à la trajectoire de l’intéressé. Et il n’avait pas besoin de cela !

En quelques mots, les douanes judiciaires ont surpris une conversation entre Lucien Ebata, patron d’Orion Oil, et son épouse au sujet du financement de la campagne de pour la primaire de la gauche, qui doit avoir lieu les 22 et 29 janvier 2017. 

La somme, selon le journal, pourrait atteindre les deux millions d’euros, croient deviner les autorités. 

Les enquêteurs sont tombés sur l'ancien Premier ministre au détour d'une enquête sur le système de détournement des revenus du pétrole congolais par M. Ebata, proche du clan du président de la République démocratique du Congo Denis Sassou-Nguesso. Présumé innocent, bien sûr, va devoir affronter ce gros nuage.

Sa carrière politique s’apparente à une lente et progressive descente aux enfers. Ministre de l’Intérieur, puis Premier ministre de François Hollande, il croyait que l’ascension allait se poursuivre. Las. Barré par , éliminé par Benoît Hamon aux primaires du , condamné à se battre pour garder son fief d’Évry dans des législatives 2017 aux allures de sinistre farce, puisqu’il affronta notamment les candidats Dieudonné et Francis Lalanne venus le défier, voyait la France le rejeter. S’ensuivit un exil catalan où, semblable à un joueur de poker tentant un all-in avec une paire de deux, il échoua à conquérir la mairie de Barcelone et eut comme seul fait d’armes de tenir en échec les indépendantistes. Retourné en France après avoir brûlé les galions, il végéta comme chroniqueur chez BFM TV, condamné à regarder le Parti socialiste acter la rupture initiée sous le quinquennat de François Hollande. L’élection de l’inconnu Olivier Faure au poste anciennement prestigieux de Premier secrétaire finit par précipiter l’aile gauche du dans les bras de La France insoumise, au sein d'une NUPES dont on ignore encore si elle est synonyme de survie ou de prolongement de l’agonie.

Valls sombre encore

Valls était donc mort politiquement. Son courant, incarné notamment par le Printemps républicain - cette « gauche barbelée », pour reprendre l’expression en vogue dans l’entourage du maire de Montpellier Michaël Delafosse - ne parvient pas à trouver un hypothétique créneau, quelque part entre le parti Renaissance et le PCF sauce Roussel. Mais, pour ce qui reste des socialistes, il fallait aussi s’assurer qu’il ne reviendrait pas du cimetière des éléphants qu’on confond souvent avec un purgatoire dont on pourrait éventuellement revenir. Ainsi, le quotidien Libération lui coupe-t-il a priori tout espoir en ce sens.

Le se débat

Et comme toute affaire de corruption est souvent politique, pendant que Libération imprimait sa (passionnante, reconnaissons cela) enquête, le était réuni pour, justement, arbitrer le conflit qui couve depuis qu’Olivier Faure a acté le ralliement du PS à la NUPES et aboli la frontière avec Mélenchon.

Mis en difficulté par la candidature du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, mais soutenu par les quelques cadres anti-NUPES qui demeurent - principalement Anne Hidalgo, Michaël Delafosse et la présidente de la région Occitanie Carole Delga -, Olivier Faure revendique malgré tout une majorité des voix. Une victoire au premier tour qui en appellera de toute façon un second mais qui suscite déjà des débats internes, comme un retour de la guerre des chiffres. En tout cas, le maire de Rouen a déclaré à la presse, ce vendredi matin, qu’il est «le seul à pouvoir rassembler » et que « la direction sortante ne fait pas consensus ». Dans tous les cas, la victoire d’Olivier Faure augurerait un risque de « scission du parti ». Il faudrait en tout cas profondément méconnaître la gauche pour y voir une victoire de la stratégie d’Olivier Faure. Les opposants au ralliement à la NUPES qu’on croyait anecdotiques ou démissionnaires (tel l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve) représentent encore quelque chose au sein du PS. « Il n’y a qu’un journaliste de Libération pour voir dans les résultats du congrès une confirmation de la stratégie de Faure… le gauchisme a besoin d’un bon ophtalmo… », réagissait, sur Twitter, l’ancien Baron noir du PS, Julien Dray.

À la limite, que l’on donne raison à Olivier Faure ou à ses opposants, un constat s’impose et explose aux yeux de tous. À l’instar des LR, le n’a pas à choisir entre la victoire ou la défaite mais entre la lente agonie et la mort miséricordieuse. À l'image de la carrière de Manuel Valls.

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