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mercredi 23 juin 2021

Comment la Chine s’apprête à annexer une partie du Montenegro…


 
 
  

À tous ceux qui croient encore à la heureuse, à l’avènement d’un monde nouveau, qui rêvent de paix universelle et se sentent protégés dans nos sociétés post-modernes je recommande la lecture de cette édifiante, qui se passe à quelques centaines de kilomètres de chez nous.

En 2015, le Monténégro, petit pays de 600.000 habitants, assez pauvre et peu ouvert sur l’extérieur, a eu l’idée de bâtir une autoroute qui traverse de part en part son territoire pour désenclaver de nombreuses villes et œuvrer au développement économique. 

Mais faute de financement, le gouvernement du Monténégro a dû se tourner vers la , seul pays à lui avancer la somme d’un milliard de dollars – environ 10 % du PIB du pays. Avec une condition : que ce soit une entreprise chinoise qui réalise l’ouvrage. Et une garantie, figurant en toutes lettres dans le contrat : le territoire monténégrin, à l’exception des secteurs diplomatique et militaire…

Comme par hasard, l’entreprise chinoise soumissionnée pour accomplir les travaux pédale dans la semoule et le milliard d’euros a d’ores et déjà été dépensé alors qu’à peine un tiers de la longueur de l’autoroute est achevé… Un responsable monténégrin constate alors qu’en Serbie voisine, le même ouvrage coûte 16 millions d’euros le kilomètre, contre 26 millions dans son pays. Il est clair que l’entreprise chinoise maiîre d’ouvrage travaille à la faillite du chantier et, de facto, à celle du Monténégro, désormais incapable d’honorer les échéances du prêt concédé par la Chine.

Dès lors, la Chine s’apprête à rafler une partie du territoire monténégrin, comme le contrat de prêt l’y autorise, et lorgne comme par hasard sur la zone qui entoure le port de Bar, sur les bords de l’Adriatique… Idéal pour assurer le fret de ses importations et garantir ainsi l’écoulement de ses produits en du Sud…

Bien sûr, le gouvernement monténégrin conteste, argue d’une défaillance de l’entreprise chinoise, mais le contrat stipule noir sur blanc qu’en cas de litige, le tribunal compétent se trouve… en Chine ! Le Monténégro se tourne désormais désespérément vers l’, sa seule issue de secours. Mais même si Bruxelles voulait se porter au secours de Podgorica et rembourser le prêt à sa place, rien n’oblige Pékin à accepter… Il faudrait alors que les puissances européennes sortent leurs griffes pour forcer Pékin à relâcher sa proie : si j’étais Monténégrin, je me ferais des cheveux…

Notre époque ne connaît plus vraiment la guerre, au sens strict du terme. Mais la guerre postmoderne existe, elle ne se sert plus des chars, des bombardiers, mais des contrats, des clauses, des contraintes financières, du blocus des approvisionnements, du refus de refinancer les dettes. À ce jeu-là, un pays proche risque de se voir en partie annexé, comme cela était courant au XVIIe siècle. Et les habitants du Monténégro de se retrouver sous la férule de Pékin : de quoi se faire du souci… 

Tout cela devrait nous donner un avant-goût de ce que nous risquons, nous qui nous croyons encore riches, mais qui croulons sous les dettes : bien des puissants qui nous tiennent dans leurs filets n’attendent que l’heure propice pour s’emparer de nos richesses. Ils n’auront aucune pitié pour nous, pas plus qu’ils n’en ont pour le Monténégro ! Mondialisation heureuse ou pas, la loi du plus fort est toujours la meilleure, et tant pis pour les faibles ou les naïfs.

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