(Michel Onfray réagit aux attaques contre Front populaires parues cette semaine dans Le Monde et Libération)
Des amis bien intentionnés me signalent avec gourmandise un papier ordurier du
Monde concernant la sortie de notre revue
Front Populaire.
J’avais signalé autour de moi que ce genre de follicule paraitrait et
dit ce qu’on y lirait: pas la peine de relire ce qu’on sait devoir déjà
s’y trouver – Vichy, Pétain, Doriot, Déat, Hitler,
Mein Kampf,
Valois, les Rouge-Bruns, l’antisémitisme, la rhétorique est éculée,
elle ne fait plus illusion que chez ceux qui ont renoncé à penser par
eux-mêmes.
Vous me direz, ça commence à faire du monde, et vous n’aurez
pas tort…
Il n’est même pas surprenant que ce journal confirme ce que je dis
depuis des années: dès qu’on ne pense pas comme eux, ils sortent les
panzers et le camp d’extermination, la Shoah et la chambre à gaz, le
zyklon B et la Luftwaffe!
Quel talent pour faire avancer la cause des négationnistes, car, si ce que propose
Front populaire,
c’est, en douce, la Solution finale, alors la Solution finale c’était
bien peu de chose!
Mais si la Solution finale était l’un des sommets
dans le Mal, alors que faut-il penser d’une revue d’amis libres,
nullement soutenue par un groupe, une banque, un réseau, un parti, une
combine, qui se propose tout simplement de penser le souverainisme et de
penser en souverainiste?
Qu’elle doit figurer à coté de
Mein Kampf dans les bibliothèques?
Quel être sain d’esprit peut-il penser une pareille chose?
Il faut bien que la frousse associée à notre entrée en fanfare (merci
les abonnés!) anime ces piètres penseurs pour renoncer à tout débat et
lui préférer l’insulte la plus éculée, celle qui, de plus, exige le
moins de cerveau possible.
Depuis des années, question d’hygiène, articles ou livres, je ne lis
rien de ce qui est publié sur moi; je n’ai pas lu ce texte et ne le
lirai pas; je n’y répondrai donc pas factuellement puisque j’ai pour
ligne de conduite de ne pas le faire – sauf cas exceptionnels , quand
j’estime le contradicteur.
Ce serait sinon pour moi un travail à plein
temps…
Je voudrais juste dire qu’être insulté par
Le Monde sous la signature d’un certain Abel Mestre est une plume que j’ajoute volontiers à mon chapeau.