
Bretagne
Nord, 20 mai 2020. 16 h 00, parking du supermarché du coin.
Il est conscient, porte le masque « réglementaire » et tout ce qu’il souhaite, c’est un peu d’aide.
Un petit cercle de passants s’est formé autour de lui, mais les gestes barrières aidant, personne ne cherche ni à l’approcher ni à lui tendre la main pour le relever.
« Il est temps, maintenant, d’apprendre à nager », chantait Hugues Aufray…
Quelqu’un a téléphoné aux pompiers ; une ambulance arrive une demi-heure plus tard (normal, elle vient de loin).
L’homme est toujours au sol (par chance, il ne pleut pas).
Il précise à nouveau que tout ce qu’il souhaite, c’est de l’aide pour se relever, mais c’est un cas qui ne semble pas prévu dans la procédure d’intervention.
Il est donc mis sur brancard et embarqué dans le véhicule de secours, direction les urgences du CHU…
Il en ressortira huit heures plus tard et ira récupérer le lendemain son véhicule resté sur place.
Petite chronique de la vie quotidienne, somme toute, mais qui en dit long sur l’état de délabrement où se trouve la société dans laquelle nous vivons, le nez dans nos écrans.
Soyons lucides, en ces temps de coronavirus, qui fait une chute dans l’espace public ne doit plus compter sur personne pour obtenir de l’aide pour se relever.
