De l'ami Koltchack. Faites-vous plaisir, vraiment, lisez !:
Cela fait des années que cette idée ne me quitte pas : je suis né trop tôt.
"Pour mon malheur, j’ai connu un peu de cette France d’avant.
D’avant la bouffonnerie soixante-huitarde, d’avant l’abaissement des frontières et des critères d’attribution de la nationalité, d’avant le relâchement des mœurs, d’avant la permissivité pénale, d’avant l’avènement des petits procureurs de l’antiracisme et du vivre-ensemble obligatoire.
J’ai quelques souvenirs d’enfance de cet imbécile mois de mai.
Parisiens, mes parents m’emmenaient parfois, gamin de six ans, avec eux dans leurs déambulations pédestres dans les rues de la capitale, presque totalement rendues aux piétons pour cause de pénurie de carburant, de grève des transports en commun.
Arrivés dans le Quartier latin, nous regardions les barricades, et les quelques andouilles qui les tenaient, sérieux comme des gardes rouges, ne voyant pas l’absurde de la chose.
C’était comme une sorte de zoo sans cages ou enclos.
Le boulevard Saint-Germain et les rues adjacentes s’étaient, par la grâce de la bêtise estudiantine, mués en une sorte de grande ménagerie simiesque.
Les bonobos du cru allaient et venaient, piaillant des mots d’ordre abscons, les plus doués collaient des affiches idiotes proposant au lecteur des slogans se voulant novateurs.
Nous décampions lorsque la police arrivait.
Arrivés sur la rive droite, nous entendions les détonations des lance-grenades, des cris.
Gamin, je n’envisageais pas une seconde que ce gigantesque monôme allait dénaturer la nature profonde de mon pays.

















