
14 janvier 2023 Bernard Germain
Daniel Cohn-Bendit vient de sortir un livre : « Français, mais pas Gaulois ». Livre coécrit avec Patrick Lemoine, un journaliste.
On pourrait s’arrêter là, tout est dans le titre.
Et pour ceux qui n’auraient pas compris, il y a un sous-titre : « Des étrangers qui ont fait la France ».
En clair, sa thèse peut se résumer ainsi : « La France ne serait pas ce qu’elle est s’il n’y avait pas eu d’immigrés ».
Et de citer 450 « personnalités » de Marie Curie à Zidane en passant par Joséphine Baker et Manouchian.
Une vraie liste à la Prévert à laquelle il ne manque bien sûr que le raton laveur…
La conclusion de sa théorie étant, vous l’avez deviné… il n’y a pas d’identité française.
C’est bien sûr un hasard, mais ce livre sort opportunément quelques jours avant que Darmanin ne présente à l’Assemblée nationale sa loi sur l’immigration.
Non, je vous assure, c’est vraiment un hasard de calendrier.
Ce Cohn-Bendit, c’est un homme de conviction, voyez-vous.
Seulement, il en change assez souvent…
Rappelons qu’il a commencé son parcours politique en étant un leader de Mai 68. À l’époque c’était « Dany le Rouge ». Un gauchiste assez enragé.
Comme il n’était pas français, il s’est fait expulser en Allemagne, puisqu’il était allemand, par le gouvernement français (à l’époque on savait expulser vite fait, bien fait).
Fin 1969, il fonde à Francfort un groupe de mao-spontanéistes avec son ami Joschka Fischer (qui sera ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne de 1998 à 2005).
Ce groupe se liera à la Gauche Prolétarienne de Glucksmann (maoïste). Ils mèneront des actions communes d’occupations illégales de logements avec milices pour les défendre.
Cohn-Bendit aura aussi des liens avec la Fraction Armée Rouge (la « Bande à Baader »), organisation terroriste d’extrême gauche qui sévira en Allemagne jusqu’en 1998.
En 1974, Cohn-Bendit servira de chauffeur interprète à Jean-Paul Sartre qui se rend en Allemagne pour visiter Baader en prison et dénoncer ses conditions de détention.
En 1978, suite à une pétition nationale dont Libération a fait la promotion, le ministre de l’Intérieur, Christian Bonnet, met fin à le mesure d’expulsion de Cohn-Bendit.
Même s’il a maintenant le droit de revenir en France, Cohn-Bendit choisira de résider en Allemagne.
En 1981, il soutient la candidature Coluche lors de l’élection présidentielle française.
Cinq ans plus tard, il officialise son abandon de la perspective révolutionnaire dans un ouvrage-bilan, « Nous l’avons tant aimée, la Révolution ».
En 1982, il rejoint les « Verts » allemands.


