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jeudi 12 janvier 2023

Zone à faibles émissions : l’écologie (encore) au détriment des plus modestes 




Clémence de Longraye 11 janvier 2023

Z.F.E. Trois lettres qui n’évoquent rien pour une grande majorité de Français mais qui risquent pourtant de bientôt restreindre leur mobilité. 

D’ici le 31 décembre 2024, les métropoles de plus de 150.000 habitants devront mettre en place des zones à faibles émissions mobilité () interdisant la circulation aux véhicules anciens considérés comme polluants. 

Une mesure que le groupe Rassemblement national à l’Assemblée entend bien abroger à l’occasion de sa , ce 12 janvier.

40 % des bientôt exclus

« C’est une véritable bombe sociale à retardement » : Philippe Nozière, président de 40 millions d’automobilistes (association de défense des ), contacté par BV, ne masque pas son inquiétude quant à la mise en place des zones à faibles émissions dans l’ensemble des agglomérations de plus de 150.000 habitants. Prévue avant la fin de l’année 2024, ces ZFE – qui existent d’ores et déjà dans onze métropoles, dont Paris, Lyon ou Grenoble - délimitent un périmètre au sein duquel seuls les véhicules les moins polluants auront le droit de circuler. La loi d’orientation des mobilités de 2019 prévoit ainsi d’interdire l’accès de ces aux véhicules Crit’Air 5 à compter du 1er janvier 2023 ; aux Crit’Air 4 à partir du 1er janvier 2024 ; et aux Crit’Air 3 à partir du 1er janvier 2025. Autrement dit, à l’aube de l’année 2025, les véhicules essences construits avant 2006 et les véhicules diesel construits avant décembre 2010 ne pourront plus circuler dans certaines zones, de taille variable, au sein de ces agglomérations, sous peine de se faire verbaliser.

Ainsi, à l’horizon 2025, près de 40 % du parc automobile français n’aura plus accès à une quarantaine de métropoles françaises. Et ce, alors même que ces véhicules continuent de passer avec succès le contrôle technique.

En première ligne, les Français des territoires ruraux, contraints de se rendre dans ces villes pour avoir accès aux services publics ou pour se rendre sur leur lieu de travail, seront concernés par cette mesure. Sans transport public, ils n’auront d’autre choix que de se séparer de leur ancienne voiture et d’en acheter une plus récente. Un luxe que beaucoup ne pourront pas se permettre. Or, malgré la menace qui pèse sur leur quotidien, une très grande partie des ignorent encore ce dispositif. Selon le baromètre CSA de mars 2022, seuls 37 % des Français connaissent réellement les ZFE.

Une mesure antisociale

Pour justifier une telle mesure, le gouvernement assure vouloir améliorer la qualité de l’air et protéger la santé des habitants de ces villes. Mais derrière ces belles intentions se cache, une nouvelle fois, une écologie punitive au détriment des Français les plus modestes. « Car ceux qui ont des voitures anciennes sont souvent les Français les plus démunis » souligne Philippe Nozière. Et d’ajouter : « La plupart n’auront pas les moyens de remplacer leur ancien véhicule. » Et ce, alors même que près de 80 % des  bientôt interdits de circulation dans les ont besoin de se rendre dans les villes concernées.

À Paris, où  promet encore « moins de voitures pour un air plus pur » en 2023, « certains automobilistes pourront trouver des solutions grâce aux transports en commun vers la capitale qui fonctionnent relativement bien », explique l’association 40 millions d’automobilistes. Mais cette mesure concernera bientôt des communes comme Le Mans, Angers, Limoges ou Caen, des régions où la voiture est un outil de survie.

À l’heure où le propose l’abrogation des ZFE, Philippe Nozière appelle au pragmatisme. « Ils n’obtiendront pas la suppression des car tous les élus qui ont voté pour il y a des années ne vont pas se dédire aujourd’hui », analyse-t-il. L’association 40 millions d’automobilistes, qui entend l’impératif sanitaire, propose donc une troisième voie : créer une vignette « véhicule écologique » qui serait attribuée à toutes les voitures passant avec succès le contrôle technique et un contrôle de conformité environnementale (déjà existant) renforcé.

Mais si l’exécutif persiste à vouloir appliquer les ZFE, Philippe Nozière craint une gronde sociale. « Les gilets jaunes se sont soulevés pour quelques centimes sur le prix du carburant. Là, il est question de plusieurs milliers d’euros. On risque d’avoir les gilets jaunes "puissance 10". »

1 commentaire:

  1. En faite les Français réellement ,qu'est ce qu'ils les préoccupent ? se sentent t'ils concernés ? c'est trop tard vous l'avez déjà dit . Trois lettres qui n’évoquent rien pour une grande majorité de Français

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