La
victoire est sans appel.
On parle de 59-41, et les grandes métropoles,
traditionnellement macronistes, n'ont pas encore été comptabilisées.
On
pourrait même parler de triomphe : premier Président réélu sans sortir
d'une cohabitation, sur un score très confortable, Emmanuel Macron
dispose, selon les apparences, d'un boulevard. Les macroniens de la 25e heure, qui n'ont pas encore appris l'humilité, écrasent déjà de leur mépris leurs adversaires - voir Éric Woerth, ce soir, sur CNews, face à Nicolas Bay.
Pourtant, Macron est le candidat le plus mal élu de la Ve
République. Il est l'homme des malentendus, le candidat par défaut,
celui qui fait l'affaire faute de mieux. Il est moins clivant que
Mélenchon ou Zemmour, moins essoufflé que Pécresse ou Hidalgo, moins
consternant en débat d'entre-deux-tours que Le Pen, qui espère peut-être
un match re-retour en 2027. Il est arrogant, menteur, violent, il
n'écoute personne. Mais la France l'a mollement réélu dans un fauteuil.
Alors, puisqu'on l'a, puisque les Français l'ont voulu, voyons voir ce
qu'il nous prépare.
Du côté de la vie, d'abord, puisque des catholiques se sont massivement prononcés en sa faveur (évêque de Strasbourg, journal La Croix,
etc.) : Macron est le candidat de la PMA pour toutes, de l'avortement à
14 semaines. Mais ce n'est probablement qu'un avant-goût. On sait que
les prochaines discussions portent sur une révision de la loi Leonetti
et ouvriront peut-être la porte à une légalisation de l'euthanasie dite
active, qu'on appelait autrefois suicide assisté, ou carrément meurtre,
pour les plus bornés d'entre nous.
Du côté des retraites, ensuite, puisque Macron a été plébiscité par les retraités
(qui, eux, n'ont plus rien à craindre pour leur pension : ce sont les
jeunes qui la leur paient). Le départ à la retraite sera repoussé à 65
ans.