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lundi 14 novembre 2022

[Edito] Gérard Collomb avoue n’avoir rien dit pour ne-pas-faire-monter-l’extrême-droite. Et cela ne choque personne


 

 Gabrielle Cluzel 13 novembre 2022

Certains, durant la présidentielle, avaient surnommé ironiquement Valérie Pécresse "Madame 20h02", en référence à son ralliement hâtif et prévisible à Emmanuel Macron après le premier tour. 

On pourrait de la même façon appeler Gérard Collomb Monsieur Minuit moins le quart. 

À double titre : d’abord parce que c’est à 75 ans, alors que souffrant, il a quitté les affaires depuis belle lurette, que Gérard Collomb décide enfin de tirer la sonnette d’alarme. Ensuite parce que le moment, pour la France, est bien tardif. Le train de son destin est lancé à vive allure… Est-il encore temps  de changer sa trajectoire avant le précipice ?

C’est le jour du 7ème anniversaire du Bataclan et 48 heures après l’accostage de l’Ocean Viking - qu’il voit comme un « tournant dans la politique d’immigration » - que Gérard Collomb a décidé de cracher le morceau dans Le Point. Il déballe ce qu’il a sur le cœur. Son refus absolu, quand il était ministre de l’Intérieur de voir Marseille et Toulon transformés en hot spot - cette opposition aurait motivé sa décision de démissionner. Sa mauvaise conscience à l’endroit des deux jeunes filles - Laura et Maurane - assassinées à Marseille par un Tunisien en situation irrégulière qui aurait dû être placé la veille en centre de rétention administrative à Lyon pour être expulsé.

Puis il y a surtout un aveu, qui a été peu relevé dans les médias. Un aveu assez effrayant. Celui d’une dissimulation assumée pour motifs électoralistes.

Pourquoi n’a-t-il pas, sur le moment, révélé les circonstances réelles de sa démission ? S’il l’avait fait à l’époque, il aurait « gravement nui à Emmanuel Macron » : « Si je m’étais exprimé avant la présidentielle, mon intervention, aurait pu inverser le résultat de cette élection, et Marine Le Pen être élue. C’est pourquoi je me suis tue », avoue-t-il sans fard.

C’est pour la même raison, si l’on en croit le livre de Noémie Halouia, qu’en avril 2017 avait été passé sous silence le meurtre sordide de Sarah Halimi : pour rajouter à son malheur, la pauvre victime avait été tuée trop près de la présidentielle.

Une question, une seule : pour ne pas « faire-monter-l’extrême-droite », selon l’expression consacrée, combien d’autres faits ou chiffres les intéressant au premier chef ont-ils été cachés aux Français ?

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