dimanche 22 novembre 2015

Le maître de Diesel revient sur la mort de son chien dans l’assaut de Saint-Denis

  
22 novembre 2015  
 
  
 
Diesel, le chien d’assaut décédé lors de l’assaut de Saint-Denis mercredi 18 novembre, a beaucoup fait parler de lui. Son maître revient sur les événements et sur son parcours avec son berger malinois dans une interview sur RMC dimanche matin.    

Tout le monde sait désormais qui est Diesel. Ce berger malinois de 7 ans, chien d'assaut du Raid tué lors de l’assaut à Saint-Denis, a fait le tour du Web en quelques heures, après que la police nationale a annoncé son décès sur son compte Twitter.
La mobilisation qui a suivi a impressionné le groupe cynophile par son ampleur : création d’un compte Twitter @RIPDiesel, mise en place d’un hashtag #JeSuisChien, et même propositions multiples de dons de canidés à la brigade.
Emu par tant de soutien, le maître-chien de Diesel, qui a préféré rester anonyme, revient sur ses années de travail avec son fidèle compagnon et raconte le déroulé exact des événements qui ont conduits à sa mort, dans une interview exclusive sur RMC, dimanche.
 
 Mercredi matin, le raid part à l’assaut d'un "appartement conspiratif" à Saint-Denis, deux logements sont visés.
"Dès que nous sommes arrivés, il y a eu de nombreux échanges de coups de feu, d’envoi de grenades", raconte le maître-chien.
"Et puis le calme est revenu, un calme presque anormal, très long."
 Pensant que les terroristes ont été neutralisés, il envoie Diesel inspecter les lieux.
 "Il a fait le tour d’une première pièce, qui était dégagée.
 Il est donc passé dans la deuxième.
 Je l’ai vu s’élancer, l’ai perdu de vue, et là des coups de feu ont retenti. Et voilà."

Diesel ne reviendra jamais

 A sa voix, on peut entendre que le policier est touché par la perte de son chien.
 La fin de son récit est sans appel : "Il ne reviendra jamais".
Au-delà de son propre chagrin, c’est toute la brigade qui est touchée.
 "L’entraînement demande un investissement quotidien de toutes les équipes.
Un chien, il faut le faire mordre, il faut trouver des solutions pour le dressage.
 C’est l’ensemble du groupe qui participe."
Dans ce genre d’opération, le chien d’assaut est essentiel, puisqu’il ouvre la voie aux policiers et prévient d’une éventuelle menace, en aboyant ou en mordant.
 A Saint-Denis, Diesel a probablement sauvé la vie de plusieurs policiers, même s’il a payé de la sienne.

Une relation de confiance 

 Plus qu’un chien, c’est un collègue de travail indispensable qu’a perdu le policier qui témoigne.
Une relation avec un chien d’assaut se construit au fil du temps et du travail en commun.
"C’est une confiance mutuelle, il a parfaitement confiance en moi, j’ai parfaitement confiance en lui, chacun sait comment réagira l’autre sur le terrain", raconte-t-il avec émotion.
 Même si on ne peut évidemment pas parler d’une relation semblable à celle qui se construirait avec un chien domestique : "Ce sont des chiens de travail, ils vivent en box, ils n’en sortent que pour travailler. Leur vie c’est le travail, c’est là-dedans qu’ils s’épanouissent".
 
 Parmi toutes les propositions de dons de chiens, l’une d’elle a abouti.
La Russie a fait don d’un chiot malinois à la police française, nommé Dobrynya, "en signe de solidarité avec le peuple et la police française".

Certains militent aussi pour qu’une médaille soit décernée à Diesel.

 "Ce serait une belle récompense", avoue le policier.

 Quant au deuil, il se fera "au fil du temps", ajoute-t-il.

 "Il y aura d’autres missions. Il faut recommencer le travail dès maintenant".



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