vendredi 30 janvier 2015

La nouvelle décision de la mairie de Paris d’interdire cars et camions est une bêtise sans nom.

 De René Ricard, blogueur, écrivain http://lepiedanslafourmilliere.over-blog.com/ 
30 janvier 2015

 
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 Franz-Olivier Giesbert, grand fanatique du pouvoir actuel avant les élections, doit savoir de quoi il parle lorsqu’il dit : « Plus l’espérance est grande, plus la déception est violente ».

J’ai bien peur qu’il ait raison lorsque l’on voit la décision que vient de prendre la maire de Paris.
 

La décision a été prise d’interdire notre capitale aux véhicules trop polluants.
Madame Hidalgo l’a annoncé en ces termes : « Comme l’ont déjà fait près de 200 villes européennes, nous allons mettre en place une “zone à basse émission” dont nous allons progressivement interdire l’accès aux véhicules polluants, diesel comme essence. Je souhaite dès le 1er juillet 2015 interdire la circulation des cars et des poids lourds les plus polluants ».

L’effet médiatique est extraordinaire, la déclaration est reprise à l’unisson par les gauchistes médias au gargarisme apaisant qui devraient, mais ne s’y risqueront pas, demander la liste des villes en question.
Le soin est obligatoire.
La pilule sera dure à passer car la décision fut prise en catimini avec deux ou trois verts malfaisants sous un appentis, dans l’obscurité pour rester dans la discrétion absolue, les masques n’étaient pas obligatoires mais fortement conseillés.
Il est vrai qu’une concertation avec l’opposition municipale n’aurait pu apporter que des suggestions idiotes, dirigée qu’elle est par une polytechnicienne écologiste.
Les autocaristes présumés concertés, à en croire un vert adjoint, ne sont pas opposés au projet. Etonnant !!
Donc, pour les véhicules les plus polluants, le compte à rebours est présumé enclenché.
 La maire de Paris va présenter le 9 février son plan antipollution au Conseil de Paris.
 Elle souhaite en effet interdire progressivement, à compter du 1er juillet, la circulation dans la capitale, des cars et des poids-lourds les plus agressifs en terme de pollution, mis en circulation avant le 1er octobre 2001.
Ils ne pourront plus, hors bois et périphérique, rouler dans Paris entre 8H00 à 20H00.
Plusieurs questions se posent alors : ce problème n’est-il pas celui de toutes les grandes métropoles, donc, de l’État.
 Quels seuils de niveaux d’émissions de polluants sont considérés comme « les plus polluants » ? Madame Hidalgo a réfléchi.
La majorité parisienne dans son grand empressement à faire semblant de faire quelque chose, sans concertation a donc publié un calendrier de Restrictions de circulation.
Ainsi, le plus facile est fait, reste la suite.

 Dans ce domaine, la municipalité de la capitale ne s’est pas trop avancée car en fait, le rêve fut interrompu par le réveil matin au moment où les solutions allaient être abordées.
Aucune étude sérieuse n’a été faite.
La pollution est une réalité que l’on ne peut ignorer, il faudrait donc mettre en face, le coût de cette opération avec l’économie faite sur la santé, notamment sur les problèmes respiratoires et allergiques, mais ces problèmes ne sont pas dans ses attributions.
 C’est pourtant le différentiel qui compte pour la société.
Il est nécessaire de faire quelques petits rappels, tout d’abord, on ne peut réfléchir à un tel problème sans y inclure petite et grande couronne qui sont intimement impliquées dans la vie parisienne.

La ville de Paris a un petit trou de 400 millions dans ses caisses et elle va s’auto-pénaliser ayant acheté récemment une flotte complète de bus diésels qui seront à jeter dans peu de temps.

Elle devra également renouveler sa flotte de camions pour le ramassage d’ordures, a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Le tramway, élément essentiel de la dépollution urbaine ne fait que le tour de la ville sans jamais y pénétrer, curieuse vision de son utilité !
 Qu’en est-il dans les nombreuses villes citées par la maire ?
Ceci étant posé, essayons de pressentir les problèmes, et ils sont nombreux.
 En ce qui concerne les autocars, 2000 par jour en haute saison qui tournent faute de stationnement, cela va à l’encontre de la proposition de Monsieur Macron, sauf à penser que les voyages depuis et vers la capitale ne sont pas intéressants.
 Hormis les véhicules qui viennent des pays de l’est, qui produisent entre 20 et 30 fois plus de particules fines, ils sont pratiquement tous au standard de la norme euro 6 qui divise par deux le niveau de certains gaz polluants, soit, les oxydes d’azote et surtout le dioxyde d’azote.
Curieusement, un des effets « indésirables » du filtre à particules – qui équipe obligatoirement TOUS les moteurs diesel depuis trois ans – est d’avoir fait grimper les émissions de dioxyde d’azote, le plus dangereux.
Les progrès à venir dans ce domaine semblent stagner à l’heure actuelle.

Cela veut simplement dire qu’une mauvaise étude peut être néfaste et à l’encontre du but recherché.

Les problèmes à envisager sont nombreux impliquant une étude sérieuse.
Le tramway intra-muros règlerait partiellement le problème des bus RATP, l’espace n’étant pas un problème puisque les couloirs de bus existent.
Paris commencerait alors à se mettre au diapason des villes chères au cœur de cette Anne qui ne voit rien venir.
Que va devenir le commerce, lorsque l’on voit le nombre de bus remplis d’asiatiques qui stationnés à l’opéra déversent leur flot d’acheteurs en direction des grands magasins.
Les clients viendront-ils à pieds, en vélos, en pousse-pousse, en triporteur ou à dos d’homme. N’oublions pas qu’il faut une douzaine de taxis par bus, il n’y en a déjà pas un nombre suffisant.
 On voit poindre une volonté de résorber les problèmes de chômage.
 La problématique du dernier kilomètre est posée.
Il en va de même pour les bus scolaires, transports vers les piscines et livraisons hors nuit, ainsi que pour les artisans et ouvriers qui n’ont pas nécessairement les moyens de changer leurs vieux véhicules.
Ces personnes ne peuvent pas habiter la capitale, pas plus que les travailleurs pauvres, il faudra donc que la ville de Paris indemnise toute la banlieue à 10000 euros par véhicule pour que la vie parisienne des bobos, qui n’ont pour la plus part pas de voiture, puisse continuer dans l’entre soit aseptisé.

On va opposer le bonheur de 2 millions de bobos au travail de 11 millions de banlieusards.

Admettons que le véhicule électrique soit de rigueur à l’entrée de la ville.
Il va falloir créer des centres logistiques pour faire des transbordements de matériel, de marchandises ou de passagers.
 Cela va prendre plus de temps donc plus d’argent, le cout de la vie parisienne va augmenter.
 Les véhicules électriques ont un problème essentiel, les batteries n’ont qu’une capacité limitée, il faut donc installer un réseau de chargeurs rapides, mais les batteries au lithium ne supportent pas les charges rapides, elles se dégraderont plus vite que la normale d’où un cout supplémentaire.
Avec cela, le périphérique n’étant pas interdit aux véhicules polluants, la pollution, très disciplinée, n’ira jamais dans la ville et restera au-dessus de l’anneau.
C’est l’histoire du nuage de Tchernobyl !!!
La géolocalisation pour réguler le trafic ne sera pas acceptée par des gens qui refusent au péril de leur sécurité les vidéo surveillances, donc le bazar continuera.
Alors, se lancer dans cette affaire sans en avoir fait une étude approfondie est risqué, mais dans Paris la socialiste, nous sommes habitués à ce que le travail d’étude soit toujours fait à peu près ou pas du tout.
Qu’en est-il des évaluations des diminutions de vitesse sur le périphérique, l’évaluation économique des changements effectués dans l’utilisation des voies sur berges.
Il n’y a jamais de retour d’expérience sur les nouveautés.
Attention à ce que les résultats ne soient pas contre productifs car ces mesures n’ont qu’une petite porté à court terme.
 La difficulté d’approvisionnement de la ville ne va-t-elle pas augmenter l’utilisation du E-commerce, dans ce cas, qui et comment seront livrés les colis ?

Le débat sur Paris est pollué par les trop nombreuses questions non posées.

De toute façon, Madame Hidalgo ne nous décevra pas car comme disait François Mauriac : la déception est un sentiment qui ne déçoit jamais

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