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jeudi 14 août 2014

Roubaix: face aux nuisances, des habitants du Pile prêts à se faire justice eux-mêmes .

Publié le
PAR MARC GROSCLAUDE
 


Les fauteurs de troubles seraient entre quinze et trente, pour la plupart mineurs, ce qui limite l’action de la police.


« Le matin, la première question que l’on se pose, ce n’est pas Comment ça va mais Est-ce que tu as réussi à dormir ! »

Tranche de vie quotidienne au Pile, où des habitants avouent être à bout face aux nuisances.
 Certains veulent reconquérir la tranquillité par leurs propres moyens…
                       
« Ce n’est pas parce qu’on habite dans un quartier défavorisé que l’on doit subir cela ! »

 C’est une mère de famille qui exprime son ras-le-bol des portes cassées, des voitures griffées, du bruit qui jamais ne cesse.
Cette nuisance, elle est bien identifiée : « Entre quinze et trente jeunes. Ils sont devant chez nous, jour et nuit. Ils boivent, fument, cassent des carreaux… »
 Elle et ses voisins parlent de rodéos en quads, d’habitations squattées, de commerce illicite…
 Et toujours du bruit, des invectives, des dégradations et une saleté récurrente.
Les troubles se concentrent entre la rue Condé et la rue Desaix.

« La maire au courant »
 
Une dame, née dans le quartier il y a 68ans, s’indigne. « On a peur de sortir de chez soi. Un jour où je me plaignais, ils m’ont dit : T’as qu’à déménager la vieille ! »
Selim Mel, le président du comité de quartier, avoue son impuissance.
 « J’essaye d’aller les voir, de faire de la médiation. La seule réponse que ces jeunes apportent, c’est de dire que ce n’est pas eux, qu’ils ne font pas le bordel. Mais ce sont toujours les mêmes… »
 Un habitant le coupe. « On arrive à un stade où la discussion ne sert plus à rien. Il faut sévir ! »
 Et un autre d’embrayer.
« Qu’est ce qu’on fait ? Il faut créer une milice ? »
Dans leur colère, ces personnes basculent dans la volonté de se faire justice eux-mêmes.
 « Moi, ma sœur vit seule avec ses enfants. S’il lui arrive quelque chose, je les butte ! »
 Face à cette situation, Selim Mel s’alarme.
 « S’il se passe quoi que ce soit, qu’ils ne disent pas qu’ils ne savaient pas : la maire de quartier est au courant de la situation. Il y a eu des réunions avec des habitants et des commerçants. La police nous dit : On sait mais on ne peut rien faire. Je me mets à la place des gens qui se font insulter. »

 Et en référence à la mort du père de famille décédé ce mois-ci parce qu’il souhaitait faire cesser des nuisances sonores, le président du comité de quartier prévient : « Beaucoup disent que le drame qui s’est déroulé à l’Alma peut se produire ailleurs… »


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