par 28 Mar 2025 |
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Je connais mes classiques rassurez-vous.
Je connais le “Si vis pacem para bellum” si tu veux la guerre prépare la guerre.
Mais cette locution latine parfaitement juste n’est qu’une partie, une petite partie de l’équation que j’appelle “guerre & paix”. Vous pourriez ajouter utilement l’Art de la Guerre de Sun Tzu ouvrage militaire le plus ancien puisque datant du 6ème siècle avant JC. Pour Sun Tzu la victoire ultime qui doit être recherchée est celle qui s’obtient à moindre coût et la plus belle des batailles est celle qui peut être évitée. Pas à tout prix bien évidemment.
Je connais tout cela et bien plus encore sur la géopolitique, l’histoire tout court ou militaire en particulier, sur la stratégie et la dissuasion et j’ai aussi quelques notions en économie.
J’en suis arrivé à une conclusion.
Les dépenses militaires sont stériles économiquement. Toujours.
Ces dépenses sont indispensables pour nous assurer collectivement qu’un voisin animé d’intentions belliqueuses ne viennent pas nous menacer. Nous sommes tous d’accord là-dessus.
Mais, même si ces dépenses sont nécessaires elles sont quand même stériles !
Il ne faut donc pas venir m’expliquer comme vous pourrez l’entendre dans la deuxième partie de cette vidéo qu’avec les dépenses militaires nous allons augmenter le PIB de la France et de l’Europe en produisant des piles d’obus que nous allons stocker en espérant n’avoir jamais besoin de les utiliser pour tout détruire, avec de l’argent que nous n’avons pas et que nous allons emprunter pour payer des intérêts dessus et que c’est une bonne idée économique.
Vous pourriez me dire que la Russie représente une menace existentielle pour la France et qu’il nous faut nous réarmer massivement pour nous protéger, mais pas me dire que grâce à l’économie de guerre nous deviendrons riches !
Non.
Le réarmement est forcément stérile économiquement, soit nous produisons des chars et des obus que nous stockons sans les utiliser ce qui ne sert à rien, soit nous les utilisons et alors c’est pour tout détruire ce qui est loin d’assurer une grande prospérité. Le réarmement est donc une erreur économique fondamentale, tel qu’il nous est présenté et imaginé par le Mozart du Palais. Il faut se réarmer juste ce qu’il faut, et d’ailleurs si je suis contre le réarmement, c’est parce que je suis pour le maintien en conditions optimales d’un système de défense réel. Je n’ai jamais été de ceux qui voulaient encaisser les “dividendes de la paix” en baissant la garde. Quand on ne baisse pas la garde, on n’est pas contraint de la remonter quand on ne peut plus le faire. Mais dire cela c’était du fascisme. Dire cela c’était passer pour un méchant nationaliste alors que l’Europe c’est la paix. Brillant résultat de l’aveuglement de ceux qui nous font des leçons aujourd’hui.
A un moment les faits doivent se traduire en pensées et en analyses !
Justement, parlons de la réalité de la menace. Pour qu’une menace soit existentielle il faut qu’elle soit immédiate, pas imaginaire. En trois ans de guerre les faits vous montrent qu’il n’y a pas de guerre de mouvements car l’hypersurveillance du champs de bataille et les drones a changé la nature même de la guerre. Nous pensions avoir une guerre de mouvement, nous avons une guerre de tranchées, comme en 14/18 mais encore plus mortelle.
La Russie n’arrive même pas à reprendre le Dombass, et difficilement le territoire même de la Russie conquis par l’Ukraine !
Alors avant que les chars russes défilent à Paris, il faudra d’abord envahir le reste de l’Ukraine et le reste des pays européens.
Cela ne veut pas dire qu’il ne puisse pas y avoir de menace russe. Cela veut dire qu’il ne faut pas raconter n’importe quoi et qu’à un moment les faits sont importants pour penser et analyser.
De la même manière les faits nous montrent qu’avec 3 400 milliards d’euros de dettes nous n’avons pas les moyens de notre ambition guerrière.