13 décembre 2024
STRATPOL
Cette fin d’année 2024 est bien funeste. Entre la politique
mortifère des faiseurs de guerres « made in USA » et l’effondrement
soudain de la Syrie, et de facto du parti laïc Baas dirigé par le
président Bachar El Assad, force est de constater que les forces du mal
se déchaînent, au mépris comme toujours, de la vie humaine.
Les terroristes qui ont envahi la Syrie démontrent
que la coalition Israël-Anglo-Saxonne-UE-Qatar a enclenché la vitesse
supérieure afin de continuer à piller le Proche-Orient en toute
impunité.
Le Général américain Wesley Clark déclarait en 2007 : « Nous allons éliminer 7 pays en 5 ans : Irak, Libye, Liban, Syrie, la Somalie, le Soudan et enfin l’Iran. » C’est quasiment chose faite.
Ayant été deux fois en Syrie, je me dois de témoigner ce qu’était ce
pays avant qu’il n’implose définitivement le 8 décembre 2024.
La Syrie était un pays laïc où toutes les religions pouvaient
co-exister dans un respect mutuel et réciproque. L’Église orthodoxe
d’Alep, qui avait été totalement rasée lors des affrontements entre
terroristes et l’armée gouvernementale a été complètement reconstruite.
La mosquée d’Alep, totalement dynamitée par les islamistes intégristes,
était aussi en voie de reconstruction.
La magnifique mosquée des Omeyyades à Damas, construite entre 706 et
715, abrite le tombeau de Jean-Baptiste, (Sidi Yahia pour les
musulmans), cousin de Jésus. Cette présence d’un tombeau dans la salle
de prière d’une mosquée est un cas pratiquement unique. Les chrétiens du
quartier Est viennent s’y recueillir. Nous avons été témoins des
prosternations des musulmans, et des signes de croix avec génuflexions
des chrétiens au sein de la mosquée.
Qu’il était agréable pour les femmes de ne pas être obligées de
porter le Hijab, d’avoir le choix de s’habiller comme elles le
voulaient, selon leur bon plaisir. Contrairement aux fausses
informations véhiculées dans les « médias de grands chemins », les
femmes avaient la même place que les hommes dans la société syrienne.
Nous avons pu discuter, mes compagnons et moi, avec des avocates,
professeures, députées et aussi, en 2021, avec la ministre de la Culture
à Damas, qui parlait le français couramment.
Qu’il était agréable de se retrouver dans un estaminet du quartier
chrétien à Damas, de pouvoir siroter un verre d’Arak avec de nombreux
Syriens, puis de repasser dans le secteur musulman et de flâner dans le
souk al-Hamidiya très animé de Damas.
Qu’il était agréable d’aller visiter, rue droite à Damas, la Maison
de Saint Ananie où Paul de Tarse, – qui deviendra Saint-Paul –, a été
baptisé.