
par Charles Sannat | 8 Nov 2022 |
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Malgré les 12 % d’inflation sur un an des produits alimentaires,
selon Bruno le Maire, il n’y a pas de « profiteurs d’inflation » dans le
secteur. Faut-il le croire ?
C’était notre sujet d’échange lors de l’émission Ecorama d’hier avec David Jacquot.
Cela peut sembler surprenant, mais pour une fois, je suis de l’avis de Bercy et… de l’Inspection Générale des Finances !
Il peut sembler difficile au consommateur d’admettre que l’inflation
soit forte sans que certains « se gavent » comme on pourrait dire dans
les rayons de mon supermarché préféré où au rayon moutarde et huile de
tournesol le langage est assez direct. Les « c’est pas perdu pour tout
le monde » et autre « la guerre en Ukraine a le dos large » s’enchaînent
au fil des conversations.
Le vrai sujet d’incompréhension, c’est qu’à un bout de la chaîne, on a
des pêcheurs ou des éleveurs qui gagnent mal leur vie et à l’autre bout
des consommateurs qui ne peuvent plus se payer de la viande ou du
poisson.
Alors si aucun intermédiaire n’exagère que se passe-t-il ?Une chaîne complexe, des normes de plus en plus coûteuses.
D’abord les intermédiaires sont très nombreux. Après le producteur,
il y a un grossiste, et puis avant d’arriver au détaillant, il y a un
négociant, mais il y a aussi des transporteurs, ou encore des
transformateurs du produit.
A cette chaîne de plus en plus complexe car de plus en plus
spécialisée à chaque étape, nous avons également une inflation de normes
de plus en plus strictes et coûteuses. Vous allez me dire que les
normes ne sont pas arrivées brutalement il y a 6 mois. C’est vrai, mais
c’est aussi des effets de seuil, car depuis des années, pour de bonnes
raisons à chaque fois les normes augmentent sans que les coûts soient
répercutés. Ils l’ont été brutalement en quelques mois, parce que la
grande distribution qui savait faire pression sur les prix des
producteurs a du céder. Pour une raison simple. Pour la première fois,
les fabricants ne livraient plus. D’où les pénuries. Il n’y a pas de
pénuries réelles. Il y a des manques de produits quand la grande
distribution ne veut pas payer le prix demandé par les fournisseurs.
Selon le rapport de l’IGS…
Plusieurs facteurs expliquent la hausse des prix.