La justice est réputée surchargée, engorgée,
ultra-lente… mais il faut reconnaître que, parfois, elle va tout de même
assez vite.
Saluons par exemple sa célérité dans une ténébreuse et
nauséabonde affaire de racisme, qui avait pour cadre la paisible
bourgade d’Albi. Figurez-vous qu’à Albi ce dimanche, comme dans beaucoup
d’autres villes, un marathon était organisé… et que, le long du
parcours de ce marathon, un jeune homme avait nuitamment inscrit (comme
on dit dans la presse africaine) les mots suivants sur la chaussée : « Violeurs étrangers dehors ».
Ni une ni deux, la police a fait son travail et a immédiatement interpellé « Paul, 20 ans », un militant du groupe identitaire Patria Albigès - lequel groupe a immédiatement revendiqué l’action en dénonçant « une véritable persécution ». Il faut dire que le jeune homme est actuellement interrogé dans le cadre d’une « potentielle procédure pour injures publiques en raison de l’origine ethnique ». Quant à la préfecture du Tarn, elle s’est fendue d’un communiqué dans lequel il est dit que « Le Préfet du Tarn condamne fermement et demande des sanctions judiciaires exemplaires contre l'individu interpellé ». Bon, alors reprenons.
D’abord, le fait de ne pas vouloir garder sur le sol français des
étrangers condamnés pour viol n’est pas particulièrement haineux.
C’est
même plutôt une idée de bon sens. Deuxièmement, le fait d’être étranger
n’est pas une ethnie. On peut dire que cette inscription est xénophobe,
si on veut (et encore, critiquer les étrangers qui violent des jeunes
filles autochtones, il n’y a qu’en France que c’est mal vu socialement)
-mais elle n’est pas raciste. D’ailleurs, on croyait que les races
n’existaient pas. C’est à s’y perdre. Troisièmement, si la qualification
de racisme était retenue, ce serait une manière, pour le Parquet, de
reconnaître implicitement qu’il n’y a pas d’Européens, pas de
Caucasiens, pas de « whites », de « blancos », comme dirait Manuel
Valls, dans la longue liste des violeurs étrangers. Et là, on n’est même
plus dans le dérapage : à force de dire la vérité, le parquet
basculerait dans le hors piste…