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jeudi 14 août 2014

Fusillade à Valenciennes: les habitants de Dutemple dénoncent un climat de représailles .

Publié le
PAR CATHERINE BOUTEILLE


Les coups de feu ont été tirés mardi soir à Dutemple. Ce n’était guère la première fois que de tels faits se produisait dans le quartier.


Suite à la fusillade qui a éclaté mardi soir, les langues ont commencé à se délier dans le quartier de Dutemple, où les habitants dénoncent un climat de terreur et de représailles depuis environ trois ans.

« Vous savez, ça fait longtemps qu’on voulait vous appeler. Mais on avait trop peur. Là, on a failli avoir un mort. Alors il est plus que temps que tout ça s’arrête ! »

 Car ce n’est pas la première fois que des coups de feu sont tirés dans le quartier, dénoncent le groupe d’habitants avec lequel nous avons pu nous entretenir.
 Et d’évoquer les événements des 21 juin et 12 octobre 2013 pour lesquels une information judiciaire avait alors été ouverte.
Une information pour violences volontaires avec armes qui est toujours en cours d’instruction.
Les événements du 21 juin avaient d’ailleurs été filmés par un téléphone portable.
 « Ils étaient venus avec des pelles, des pieds de biche et des plaques d’égout. Et ils les avaient balancés sur notre maison, explique la mère de la victime de mardi soir.
Des impacts des plombs sont d’ailleurs toujours visibles sur la façade de sa maison.

Des violences avec armes filmées en juin 2012
Quant à la vidéo, elle parle d’elle-même.
 On y voit de nombreux jeunes, dont les deux frères qui ont été placés en garde à vue après la fusillade mardi soir et dont le comportement est dénoncé par beaucoup d’habitants.
 Puis, des jets de projectiles, des hurlements…
 Deux ans après, l’émotion est toujours aussi vive.
 « Voyez dans quel état on est, commente une riveraine, tandis que des larmes commencent à ruisseler sur les visages de chacune des personnes présentes lors de l’interview.
 C’est un petit noyau qui pourrit la vie de tout le quartier. »

S’agit-il d’un conflit de longue date entre deux familles qui vivent dans le quartier, comme on peut l’entendre ?
« Moi j’ai déposé deux plaintes pour menaces de mort, explique une habitante du quartier qui n’a pas de lien avec les deux familles.
 J’étais venue au secours des gens le 21 juin. Puis je suis revenue chez moi. Et ils sont venus me voir pour me demander les projectiles qu’ils avaient utilisés. Je ne les avais pas car c’est des gamins qui les avaient ramassés. Alors ils m’ont dit que ma voiture allait brûler et que j’allais mourir. »
 « On croyait que c’était des paroles en l’air, commente une autre riveraine. Mais avec ce qui s’est passé mardi soir, on a vu que ce n’était pas que des paroles. »

 « La victime est « entre la vie et la mort »

Mardi soir, des coups de feu ont donc été tirés au niveau de la rue Hubert-Cailleau.
 Puis au 1er étage d’une maison, place Nicolas-Lecreux. Lundi, une bagarre impliquant deux des trois gardés à vue avait déjà éclatée, juste devant le centre social.
 Tandis que des menaces avaient été proférées peu de temps avant la fusillade.
 Un homme de 21 ans, père de trois enfants, était toujours hospitalisé ce mercredi soir.
 « Ils ont enlevé les plombs qu’il avait au bras. Mais il y a une balle qui a effleuré son cerveau. Ils n’ont pas pu l’opérer, car il a un œdème. Il va falloir attendre trois jours pour que cela se résorbe, explique la femme de la victime, effondrée.
 Il est entre la vie et la mort. »
« Il faut vraiment mettre un stop à tout ça, ajoute alors un autre voisin. Car ça devient vraiment hallucinant. On ne vit plus. Et certains vont finir par se faire justice soi-même. »

«J’ai vu mon beau-frère tomber, ça a été très vite»


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