Les fumeurs de crack à Paris, c’est un peu le mistigri. On se les passe et se les repasse. Ouketi ! Ouketi ? Pas vu, pas pris.
Après les avoir déplacés de la porte de la Chapelle à celle de la Villette, voilà qu’on tente désormais de les exfiltrer vers Pantin, à la grande inquiétude des habitants de cette ville, déjà assez peu connue pour sa douceur de vivre.
Anne Hidalgo demandait à Gérald Darmanin de faire quelque chose ? Voilà qui est fait, avec l’édification d’un mur censé empêcher les fumeurs de crack de se redéployer dans Paris. Résultat ? Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, s’énerve d’avoir été « mis devant le fait accompli ». Un malheur en amenant généralement un autre, il vient de recevoir le soutien de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et potentielle candidate à la prochaine élection présidentielle : « On a déplacé le problème en Seine-Saint-Denis, qui n’est pas une poubelle. »
Après, du calme et du sang-froid, ce mur n’étant pas exactement celui de l’Atlantique – lequel n’a, d’ailleurs, pas empêché les Américains de débarquer en Normandie –, à en croire un Parisien interrogé par Le Figaro : « Avec ce mur, on veut nous faire croire qu’on nous protège des “crackeux”, alors qu’ils peuvent passer sous un pont un peu plus loin. » Bref, on ne sait plus trop bien qui est censé être protégé : les Parisiens ou les Pantinois.
En revanche, citée par Paris Match, Sabrina Mahfoufi, une proche Pantinoise – elle est d’Aubervilliers –, estime que tout cela est « écœurant » : « Ce mur a une portée symbolique. On pense au mur de Berlin, à celui de Trump ou encore à Gaza. » Osera-t-on prétendre que comparaison n’est pas raison et que Mme Mahfoufi se prend quelque peu les pieds dans son tapis volant ? Oui.





