
Marie Delarue 23 mai 2022
L’urgentiste
Patrick Pelloux, le Monsieur Apocalypse du 20 heures, a repris du
service.
Je ne parle pas ici des pronostics sur les millions de morts du
Covid
que lui et ses confrères nous ont vendus à chaque nouveau variant ;
non, je parle de la situation de l’hôpital français en général, et des
urgences en particulier.
« La situation est catastrophique », a dit Patrick Pelloux, ce samedi, sur France Inter, ajoutant que l'été « va être atroce, du jamais-vu ». En cause, la pénurie de personnel due essentiellement à « des conditions de travail épouvantables ».
Alors, certes, depuis le temps qu’il crie « au loup ! », et ses
copains avec lui, on n’a plus guère envie de l’écouter. N’est-ce pas lui
qui, le 13 août 2021, sur Franceinfo, appelait à durcir les contraintes vaccinales, prédisant une crise qui pourrait « durer des années »
si les Français n’acceptaient pas de se faire piquer et repiquer ?
Combien de personnels suspendus encore cette année parce qu’ils
refusaient la troisième dose ? « Une nouvelle vague de suspensions, cela va finir de mettre l’hôpital à genoux », prédisait alors la secrétaire générale adjointe FO au CHU d’Angers. Gagné !
En octobre 2021, le ministère de la Santé dénombrait environ 15.000
personnes suspendues de leur poste à l’hôpital. Un chiffre à la louche.
Quand on questionne, aujourd’hui, le même ministère sur les fermetures
des services d’urgence, la réponse est « on ne sait pas ». C’est celle
faite au Figaro de ce lundi : « Plusieurs établissements de
santé ont fait état de tensions très importantes au sein de leurs
services, notamment leurs services d'urgence. » Toutefois, le ministère « ne dispose pas de données exhaustives sur les fermetures de services d'urgences au vu de l'évolutivité de la situation ».
SAMU-Urgences de France (SUdF) annonce, de son côté, 120 services d'urgences « en difficultés », autrement dit « ce sont des services impactés, qui ferment, sont dégradés ou en reroutage ». Et le problème ne se limite bien sûr pas aux urgences.