Ce lundi 23 septembre, le fraîchement nommé ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, était l’invité du journal de TF1.
Sur le plateau du 20 Heures, il annonçait vouloir réformer l’aide médicale d’État (AME), « un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins », comme indiqué sur le site service-public.fr.
Le nouveau locataire de la Place Beauvau a justifié sa démarche : « Nous sommes un des pays européens qui donnons le plus d’avantages et je ne veux pas que la France se singularise, que la France soit le pays le plus attractif d'Europe pour un certain nombre de prestations sociales, d'accès aux soins. »
L’AME, l’aide de trop ?
Rappelons que l’AME permet aux clandestins étant illégalement sur le territoire français d’être soignés et de bénéficier d’une « prise en charge à 100 % » dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale. Un avantage qui, comme le laisse entendre le ministre de l’Intérieur, pourrait inciter un certain nombre d’étrangers à s’installer en France. Chose qu’il veut combattre et pour laquelle il risque d’avoir toutes les peines du monde, tant son intervention sur le sujet a suscité de réactions hostiles.
Huit anciens ministres de la Santé - fonction passée qui leur donne évidemment toute légitimité - ont signé une tribune dans Le Monde pour affirmer la nécessité de maintenir l’aide médicale d’État. Il s’agit d’Agnès Buzyn et d’Olivier Véran, tous deux exemplaires dans la gestion de la crise du Covid, de Roselyne Bachelot, qui a encore un bon stock de vaccins contre la grippe A à écouler, de François Braun, fort d’une expérience d’un an et seize jours à l’avenue Duquesne, de Frédéric Valletoux et d’Agnès Firmin-Le Bodo, qui ont fait encore mieux en y restant moins de huit mois, d’Aurélien Rousseau, en poste cinq mois, et de Marisol Touraine, dont la durée d’exercice et l’expérience font figure d’OVNI dans la liste.
Ces derniers soulignent que « l’AME ne concerne pas des soins de confort, susceptibles d’attirer une immigration dont les causes sont évidemment plus diverses et complexes ». Que dire, alors, des interventions pour oreilles décollées ou du remboursement de la contraception ? Ne s’agit-il pas, précisément, de soins de confort ?
…d’un système de santé exsangue
Autre argument avancé : « Toucher à l'aide médicale d'État va à rebours de la logique même des politiques de santé publique que nous avons mises en place. » Et alors ?



