samedi 6 août 2016

« Si les attentats continuent : la soumission ou le soulèvement ? »


 


Comment expliquer que depuis maintenant plusieurs semaines, le rythme des attentats en Europe se soit intensifié, au point que plusieurs attaques surviennent désormais chaque semaine ?

Alexandre del Valle : C’est le résultat d’une stratégie que j’appelle la « démocratisation du terrorisme 3ème génération« .
Celle-ci consiste en une déprofessionnalisation, dès lors que nous n’avons plus à faire à une structure pyramidale qui donne des ordres – et donc démantelable – mais à un appel mondial au meurtre qui devient autonome, qui s’autoalimente et se développe comme un virus.
Cela change tout.
C’est la première fois que nous faisons face à un terrorisme globalisé qui s’appuie sur le religieux et le choc apocalyptique des civilisations mais aussi sur les technologies modernes et réseaux sociaux pour appeler tous les fanatiques, psychopathes et autres ressentimentaux du monde, à commettre, de n’importe quelle manière, des meurtres contre les « infidèles » diabolisés.

A ces éléments s’ajoute le phénomène de mimétisme qui fait que plus un nombre important d’individus commet ce genre d’actes, plus cela donne d’idées à des psychopathes et ou fanatiques potentiels.

 Il y a donc là un double phénomène d’autonomisation et de globalisation du terrorisme, caractérisé par sa déprofessionnalisation et son expansion virale.
 Dans ces conditions, si Al-Qaïda et Da’esh étaient définitivement détruits, cela ne changerait pas forcément la donne, car des simples idéologues charismatiques improvisés ou des groupes connaissant les techniques de communication modernes sachant surfer sur la vague anti-occidentale et islamiste radicale mondiale et le culte de la violence mimétique et s’appuyant sur des textes religieux pourraient avec succès multiplier des appels meurtre.
Aussi faut-il préciser que dans nos sociétés culpabilisées par leur identité judéo-chrétienne et leur patriotisme et productrices de haine de soi et d’autoflagellation, le discours haineux des islamo-terroristes rencontre un succès presque naturel.

[...] Le but des attentats est donc avant tout de provoquer un changement dans l’opinion publique par la peur, de provoquer un phénomène de soumission, or nos sociétés européennes, contrairement aux Israéliens, aux Russes ou même aux Américains, ne sont pas prêtes au combat ; en revanche, elles veulent de la sécurité et de la protection, d’où l’inévitable « demande » de flicage et de contrôle puis de régression des libertés .[...]
 
Alain Rodier : L’objectif est simple et bien connu : monter les populations les unes contre les autres pour en arriver au deuxième niveau de la guerre révolutionnaire enseignée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale par tous les mouvements révolutionnaires.
Pour mémoire, il y en a trois :
- le terrorisme ; nous y sommes déjà mais cela devrait empirer ;
- la guérilla ;
- la guerre « classique ».
 
L’objectif est donc de passer au niveau « guérilla » qui se traduirait par des émeutes en commençant par les zones de non-droit.
Cela pourrait ensuite s’étendre à d’autres portions du territoire.
Pour l’instant, les idéologues islamistes radicaux ne voient pas un objectif politique à court ou moyen terme mais un but tactique : créer le chaos maximum pour, à terme (dans de longues années), parvenir à leurs fins : la création d’un califat mondial obéissant à la Charia.[...]
 

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