Est-ce qu'on doit attendre 2027 ? La réponse est dans la question.
Hier, invité au Grand Rendez-vous dominical de CNews, Hervé Morin, président des centristes et de la région Normandie, a jeté un pavé dans la mare : il a appelé de ses vœux la démission d’Emmanuel Macron : « Est-ce qu’on doit attendre 2027 ? On est en train de perdre un temps précieux dans un pays en grande difficulté. » Il fait son roi Salomon, sommant Emmanuel Macron de choisir : s’accrocher à une France exsangue sur le point de trépasser ou accepter de la céder à un autre pour lui donner une chance de survivre. Si Emmanuel Macron « a le sens du pays », « au nom de l’intérêt de la France », « la situation du pays [étant] trop grave », sachant le niveau « d’opinions défavorables du couple exécutif », et puisque « rien ne bouge », il doit partir. « Ce serait rendre service au pays et aux Français », conclut-il. « Est-ce qu’on peut se dire que l’intérêt supérieur de la nation, c’est d’avoir un exécutif capable de faire des réformes avec un Parlement qui le suit ? »
De fait, François Bayrou a pu donner l’impression, un temps, qu’il avait sauvé le Président. Mais la France est à l’arrêt. Le Premier ministre ressemble à un cow-boy brinquebalé de tous côtés, s’accrochant comme il peut à la selle de son cheval bronco comme on appelle les canassons de rodéo au Texas : il ne prétend pas avancer, ce serait trop prétentieux ; il veut gagner du temps avant d’être éjecté.
Petite musique
Cette petite musique, Hervé Morin n’est pas seul à la faire (à nouveau) monter. Le 9 juin dernier, l'eurodéputé Christophe Gomart avait aussi demandé la démission d’Emmanuel Macron : « Il faut que Narcisse quitte le pouvoir ! ». Le général avait enfoncé le clou : « [s’il était] à sa place, c’est ce qu’il ferait », pour « redonner un souffle à la France ».
Cette pensée ne traverse pas que le milieu politique, elle habite aussi l’opinion publique.
Dans les sondages, la popularité est en berne. Ce n’est pas de la haine… c’est pire : de l’indifférence. Les Français s’en détournent.








