Marc Baudriller
C’est
un scandale majeur de cette fin de mandat d’Emmanuel Macron.
La preuve
que le président de la République et son garde des Sceaux
Éric-Dupond-Moretti s’attachent à bâillonner ceux qui dénoncent les maux
les plus graves de la France plutôt que de travailler à les résoudre.
La manifestation d’une dérive autoritaire jamais vue jusqu’ici sous la Ve
République. C’est, enfin, le résultat d’une volonté implacable de
laisser sous le boisseau, le plus loin possible des électeurs, les
sujets qui sont pourtant au cœur du débat public : la fraude sociale et
le poids de l’immigration dans cette fraude.
Le magistrat Charles Prats fait l’objet d’une enquête administrative
déclenchée à la demande expresse du garde des Sceaux Éric
Dupond-Moretti. Une procédure rare. Ce type d’enquête confié à
l’inspection générale de la justice (IGJ) a concerné huit magistrats en
2020, cinq en 2019, selon Libération. Elle pourrait déboucher sur une procédure disciplinaire à l’encontre de Charles Prats devant le Conseil de la magistrature.
Les lecteurs de Boulevard Voltaire connaissent bien Charles Prats qui intervient régulièrement sur notre site.
Âgé de 51 ans, ce vice-président du tribunal judiciaire de Paris, où il
exerce comme juge de la détention et des libertés depuis 2017, est issu
de l’École nationale de la magistrature (promotion 2005). Membre de la
Délégation nationale à la lutte contre la fraude entre 2008 et 2012,
régulièrement interrogé dans les médias ou au Parlement, il est devenu
le spécialiste le plus reconnu en France de la fraude fiscale et
sociale. Il est, par ailleurs, secrétaire national de l’UDI et
vice-président de l’Association professionnelle des magistrats.
50 milliards d’euros par an
Dans son livre Le Cartel des fraudes,
premier volet (Éditions Ring), publié en 2020, il s’appuyait sur une
commission d’enquête parlementaire pour dénoncer une anomalie dans le
système français : le nombre des bénéficiaires des prestations sociales
est supérieur de 5 millions au nombre de Français. Bizarre. Qui
s’attaque vraiment à cette curiosité en Macronie ? Prats dénonce aussi
le nombre de cartes Vitale en circulation, supérieur, là aussi, de 5
millions au nombre des Français. L’État est resté immobile. Arnaques aux
prestations sociales, aux minima sociaux, aux allocations chômage, au
RSA : Charles Prats a chiffré le montant de cette fraude massive à
quelque 50 milliards d’euros par an. Des enquêtes de plusieurs médias
remettent en cause ces chiffres, mais la Cour des comptes évaluera, fin 2019, la fraude aux cotisations sociales entre 20 et 25 milliards par an.
Surtout, crime majeur dans la France de Macron, Prats fait le lien
entre les montants colossaux de ces pertes et l’immigration incontrôlée
en France.
Comme par hasard, l’homme qui met les pieds dans le plat et suscite
l’attention du garde des Sceaux vient tout juste de sortir le deuxième tome de son Cartel des fraudes,
toujours chez Ring. Il y retrace le parcours de ces sommes pharaoniques
dérobées à la communauté nationale.