Marc Eynaud. Le Sénat a entériné 20 millions d’euros de budget pour la mise en place de la carte Vitale biométrique. Est-ce une bonne mesure ?
Charles Prats. Cette proposition ne vient pas du gouvernement mais de l’opposition de droite qui a fait voter cette enveloppe budgétaire, et le gouvernement s’est senti obligé d’accepter pour pouvoir obtenir des votes de l’Assemblée nationale et du Sénat sur un certain nombre de textes. Il y a encore quelques semaines, le gouvernement était éventuellement d’accord pour une mission d’information et la majorité En marche, lors de la dernière législature, avait voté contre les mesures biométriques pour lutter contre la fraude sociale. Depuis les dernières élections, les choses sont en train d’évoluer car Emmanuel Macron est bien obligé d’accepter un certain nombre de choses s’il veut réussir à faire passer les textes.
M. E. Quel est le fond de cette mesure ?
C. P. Sur le fond, ce qui est voté, c’est de l’argent, mais la mesure qu’il faut mettre en œuvre, ce n’est pas la carte Vitale biométrique. Je vais vous donner des explications un peu techniques. Ce n’est pas tellement la carte Vitale qu’il faut bio-maîtriser, c’est le NIR, le numéro de l’identification répertoire : le numéro de Sécurité sociale qui est l’identité sociale. Je pourrais aller jusqu’à l’extrême limite en disant qu’il n’est pas nécessaire de changer la carte Vitale pour une carte Vitale biométrique. Ce qu’il faut faire, c’est sécuriser chaque identité avec la biométrie. En clair, on vous demande de réenregistrer vos empreintes digitales et votre numéro de Sécurité sociale en les associant. Cela donnera un numéro de Sécurité sociale personnel et empêchera de profiter du système pour créer plusieurs identités.
M. E. L’adhésion du corps médical est-elle nécessaire ?



