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samedi 23 mars 2024

Agriculture : au secours, Pascal Canfin revient ! Et il a une idée…


 
 

 

Marc Baudriller 22 mars 2024 

Les agriculteurs n’ont pas fini de rire… ou de pleurer. Car ils le savent bien, on ne fait pas d’un mulet un cheval de course, ni d’une betterave un ananas. 

Ainsi, le tandem Emmanuel Macron-Pascal Canfin vient-il de se pencher à nouveau sur le secteur agricole. Sauve qui peut !

De Bruxelles, où il participait au Conseil européen, le président de la République a poussé une forme de cri de victoire. Traduit dans le jargon administratif qu’il affectionne, et précisant que la France n’est pas la seule touchée (« C’est pas que moi », disent les enfants), cela donne : « Ce conseil a permis de répondre à la crise européenne de notre modèle agricole qui s’est exprimée dans beaucoup de pays, dont la France », a expliqué, ce 22 mars, le bon Président Macron.

C’est décidé, annonce le Président, on lance la fameuse arlésienne de la simplification : on va « réduire la charge administrative », diminuer les contrôles, gagner en souplesse. Il a sous le coude un nouveau slogan : « simplification et pragmatisme (sic !) ». Du Macron pur beurre ! Hourra ! Le monde agricole est-il sauvé ? Va-t-on battre des mains dans les campagnes et boire le vin de la cave ?

Donc, on continue...

Hélas, en quelques années, l’hôte de l’Élysée est devenu prévisible. Tout ce qui pourrait passer pour un handicap sur la route de ce qu’il détermine comme un progrès, fût-ce au prix du sacrifice de toute une profession, doit servir à… accélérer le mouvement. Résultat : le cap ne change pas. On se contentera de mesurettes.

En langue macronienne, exprimée ce 22 mars, cela donne : « Le message ne doit pas être d’abandonner toutes nos ancres, ce serait revenir en arrière. » Donc, on continue. Comme si les manifestations d’agriculteurs, les colères, les larmes, les débats, les chiffres, la stupéfaction solidaire des Français, le Salon de l’agriculture, comme si tout cela n’avait pas existé ou n’avait servi à rien, Macron va se contenter de petits réglages fins, sans la moindre remise en cause. Une fois de plus. « Mesures de freinage » sur l’invasion des produits ukrainiens (poulet, sucre…), « régulation », « concurrence équitable » sur le marché intérieur et les marchés internationaux, simplification, révision d’EGAlim. On plume des œufs.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, coucou, le revoilà ! Pascal Canfin, député européen macroniste et président de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, revient ! L’homme de l’écologie punitive, celui qui a sur les mains la crise sans précédent du monde rural, utilise la même méthode, le même « logiciel » que Macron. La dernière idée de Pascal Canfin pour calmer les agriculteurs vaut son pesant de sauterelles grillées équitables : dans une tribune du Figaro publiée ce 22 mars, le commissaire européen propose de mettre en place des… « contrats de transition écologique pour passer au bio ou changer de production ». Un poulet à trois pattes pas comestible du tout. Les paysans, écrasés de paperasserie, de règles, de subventions ubuesques, d’impôts, de tracasseries écolos de tous ordres, désireux de pratiquer librement un métier dont la principale gratification est justement son indépendance, vont ainsi se voir proposer (si l’idée de Canfin voit le jour) une démarche administrative hors-sol supplémentaire et… coûteuse !

« Nouvelle méthode ! »

« L’État, l’Europe et les collectivités locales peuvent venir apporter des financements ou des garanties publiques si nécessaire », explique Canfin, qu'on n'a sans doute pas informé de tout : l’État français bat justement des records de déficit public ! « Cette crise agricole est à un moment de bascule, insiste Canfin, dans Le Figaro. Soit nous en sortons en détricotant les règles au détriment de tous nos objectifs climatiques, de qualité de l’eau, de santé publique. Soit nous en sortons par le haut en inventant une nouvelle méthode. » Inventer une nouvelle méthode ? C’est gentil, cher Pascal Canfin, mais surtout, n’inventez plus rien, car le feu couve encore dans les campagnes. Ce 16 mars, l’agriculteur Jérôme Bayle, à l’origine de la révolte agricole, le répétait : « L’État n’a pas compris l’appel et la détresse des agriculteurs. » Le couple infernal Macron-Canfin vient d’en administrer une nouvelle preuve.

 

 

 À ce sujet — Déficit de l’État : heureusement que nous sommes gouvernés par des Mozart de la finance !

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