mardi 18 février 2020

Vannes: À 63 ans, il vit dans des toilettes publiques depuis deux ans



 

Philippe, 63 ans, a trouvé un abri dans les toilettes publiques à Vannes (Morbihan). (©Actu Morbihan)
 Publié le 17 Fév 20

C'est une histoire qui émeut une bonne partie du voisinage. Philippe a 63 ans et, faute de logement, s'est constitué un abri dans des toilettes publiques à Vannes (Morbihan).
À quelques pas d’une école, en face d’une église, se cache Philippe, 63 ans.
L’ancien ouvrier de chez Michelin à Vannes (Morbihan) a installé un matelas et quelques couvertures dans des toilettes publiques de la commune, là où il se loge en attendant mieux.
Lorsqu’on lui demande de raconter son histoire son visage alterne entre pleurs et rire soudain.  
Deux ans qu’il vit ici.
Il y a de quoi perdre un peu la tête.
« J’ai perdu mon logement et la garde de mes enfants après un divorce », raconte-t-il.

Des visites régulières


Dans une odeur pestilentielle, Pascale Vola et son équipe de gilets jaunes viennent le voir chaque vendredi.
Au menu de cette soirée de la Saint-Valentin, des pâtes bolognaises faites maison.
« On fait des repas depuis chez nous avec nos moyens », explique Pascale.
On effectue des maraudes chaque vendredi en début de soirée. On rencontre une vingtaine de sans-abris mais jamais vraiment les mêmes. Parler avec eux les aident aussi. 
Marcel accompagne Pascale depuis quelques mois.
La situation de Philippe l’a particulièrement bouleversée. « On ne peut pas rester indifférents. Rien que pour la dignité humaine ».
J’ai une crainte à chaque fois qu’on revient c’est de découvrir un cadavre.
Victime de vols
Pour l’aider, Philippe bénéficie aussi du soutien de la Croix-Rouge qui effectue aussi régulièrement des visites en plus de lui proposer des douches dans leur local dans le centre et des sandwichs.

On sait aussi que pas mal d’épiceries du coin viennent lui proposer leurs invendus. Les rugbymans à côté vont aussi lui offrir certaines victuailles.
Pourtant, pas facile pour Philippe d’effectuer des réserves.
Ayant des difficultés à marcher, il est une cible pour d’autres sans-abris et est souvent victime de vols.
C’est d’ailleurs pour cela qu’il n’est pas logé dans un hébergement d’urgence.
« Il a été logé mais s’est retrouvé dépouillé à plusieurs reprises. Depuis il n’y va plus », explique Pascale.
Même dans son abri, il ne se sent pas en sécurité. « On m’a offert des chaises, on me les a volé aussi », raconte Philippe.

Dans le coffre de Pascale et Marcel des provisions mais aussi des couvertures et des vêtements fournis par des proches 

Dans le coffre de Pascale et Marcel des provisions mais aussi des couvertures et des vêtements fournis par des proches. (©Actu Morbihan)


« Il crée des liens dans le quartier »


Bref, Philippe n’est pas trop seul.
Il arrive quand même à être bien entouré.
En deux ans, il arrive petit à petit à être connu des gens du quartier.
« Je ne le connais que depuis un an, c’est une voisine qui m’a parlé de lui », explique Fabrice venu lui aussi prendre des nouvelles.
Grâce à Philippe, j’ai pu rencontrer des voisins du quartier. Il a malgré lui créé du lien. 
Du côté de l’église Saint-Guen située juste en face, le Père Marcel, en place depuis 2016, « ne le connaît pas vraiment » avoue-t-il.
« Des gens de ma paroisse viennent discuter avec lui et lui propose régulièrement du café.
Pour ma part, je suis allé le voir 2/3 fois avec les services sociaux pour tenter de lui trouver un abri plus décent ».

 

Marcel et Pascale tentent d’aider Philippe chaque vendredi en lui apportant à manger et des couvertures.  (©Actu Morbihan)


Quel avenir pour Philippe ? 


Pour aider Philippe, Pascale ne s’est pas limitée a la distribution de repas.
Elle a aussi contacté le CCAS qui lui a d’ailleurs répondu samedi 15 février : « Le cabinet du maire a saisi le dossier.
Nous vous assurons que Philippe sera logé ». Pascale est partagée :
Cela fait un an et demi que ce sont les mêmes réponses. Mais celle-ci paraît plus ferme que d’habitude. 
Une rencontre le 24 février est aussi prévue avec le député du Morbihan Hervé Pellois.
De cette rencontre, Pascale espère qu’il « viendra voir Philippe de ses propres yeux et ainsi faire accélérer les choses ».

Une centaine de sans-abris vivraient à Vannes et ses alentours.

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