Jordan Bardella, Laurent Alexandre et Yuval Noah Harari
C’est un point qu’il est important de rappeler, Jordan
Bardella, président du Rassemblement national, est aujourd’hui parmi la
classe politique française, celui qui se fait le plus le porte-voix des
idées malsaines de son ami et conseiller Laurent Alexandre, chantre de
l’Intelligence Artificielle et du transhumanisme, ainsi que de Yuval
Noah Harari, promoteur de nouvelles technologies démiurgiques et de la
religion des data et naturellement ami de Klaus Schwab, gourou du Forum
économique mondial en quête de successeur.
Dans certaines de ses interventions,
Jordan Bardella partage sa technophilie galopante, parle de colonisation
du cosmos, de sélection embryonnaire, d’Homo deus ou d’IA forte, vante
les progrès des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et
sciences cognitives) en déplorant les ardeurs régulatrices de l’Europe.
Sur ce dernier point, il faut d’ailleurs remarquer qu’il fut en 2022,
avec ses collègues du RN siégeant au Parlement européen, l’un des plus
zélés défenseurs de l’IA sans contrainte, répondant plus que quiconque
aux attentes des lobbyistes des GAFAM.
La Commission européenne avait avancé en
2021 sa proposition de loi relative à l’intelligence artificielle :
l’Artificial Intelligence Act afin d’encadrer par des règles communes le
développement de cette technologie. Il s’agissait officiellement de
séparer les pratiques et technologies entre celles qui doivent être
purement et simplement interdites, et celles qui doivent être soumises à
des régulations plus fortes selon une approche fondée sur le niveau de «
risque » qu’elles représentent.
Vote au Parlement européen conforme aux attentes des GAFAMEn février 2022, les rapporteurs du
texte proposaient que les systèmes d’IA générant des textes complexes
sans surveillance humaine fassent partie de la liste des technologies « à
haut risque ».
Bien entendu, Microsoft et Google, pour
ne citer qu’eux, ont exercé un intense lobbying sur les décideurs
politiques de l’UE pour défendre ChatGPT (dont Microsoft est l’un des
principaux investisseurs) des obligations imposées aux systèmes d’IA à
haut risque.
En juin 2023, à l’approche du vote du
texte, les eurodéputés Kosma Zlotowski et Adam Bielan ont déposé au nom
du groupe ECR (conservateurs) l’amendement 791 proposait d’inclure dans
le texte un considérant à la gloire de l’Intelligence Artificielle
présentée comme « l’occasion unique d’accroître la productivité, la
prospérité, le confort de la vie et le bien-être au travail ». Rien que
ça. Les innombrables personnes qui perdront leur emploi à la suite du
développement de ces technologies apprécieront. L’amendement 791
ajoutait que le texte ne devrait pas « ralentir le développement » de
l’IA. Cet amendement fut bien évidemment soutenu par Dot Europe, lobby
européen au service des GAFAM.
L’amendement 791 a finalement été rejeté mais Jordan Bardella et ses collègues du RN s’étaient empressés de voter en sa faveur.
Pierre-Alain Depauw