Le 05/06/2017
Philippe Kerlouan
Pour faire de la bonne politique, il ne suffit pas d’être expert en communication.
Vous vous souvenez sans doute comment
Emmanuel Macron, dans ses meetings, endossait les habits de lumière de l’homme providentiel, les bras en croix face au public, comme inspiré par quelque divinité.
Se prenant pour un messie, il émaillait ses discours de « Je vous le dis » pour annoncer des temps nouveaux.
Vous avez peut-être également vu à la télévision un documentaire où le jeune Macron de 15 ans participe à un atelier théâtral, dans une pièce montée par Brigitte Trogneux, son aînée de 24 ans, qui fut impressionnée par sa présence sur scène et devint, quelques années plus tard, sa conjointe.
Déjà les bras en croix, il jouait, cette fois, le rôle d’un épouvantail.
De l’épouvantail au messie, quel rapport, direz-vous ?
L’art de se confondre avec un personnage, la communion avec le public, la transfiguration christique, l’offrande de sa vie pour sauver le monde ou les récoltes, mais surtout un sens aigu de la communication.
C’est aussi sous le signe de la communication que notre Président fait ses premiers pas dans sa nouvelle fonction.
Chacun de ses discours officiels est savamment pesé, non seulement dans son contenu, mais aussi dans sa forme, dans le ton, dans la gestuelle, dans le regard.
Ses conseillers en communication – et peut-être sa maternelle épouse – doivent tout régler dans les détails et le faire répéter.
Emmanuel Macron, comme un bon acteur de théâtre, sait communiquer.
Ce qui peut expliquer l’ascendant qu’il a pris, si l’on en croit les sondages, sur une grande partie des Français.